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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/455

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la Nouvelle-Galles du Sud, une déclaration établissant qu’il n’avait ni libérés ni évadés parmi les passagers de son bord, et il serait sévèrement poursuivi si sa déclaration était fausse, si même il ignorait réellement ce que pouvaient être ses passagers.

Tout cela dépeint l’état moral singulier où se trouve l’Australie depuis plus d’un an, et qui n’a fait qu’empirer. Il est fâcheux d’avoir affaire à des hommes qui ne veulent entendre aucune raison, habitués qu’ils sont à lutter seuls contre les forces de la nature, audacieux, indomptables, entêtés, et qui, cependant, en moins d’un demi-siècle, à l’autre bout du monde, ont créé un pays qui est le premier de tous pour l’élève du bétail et la production de la laine et de la viande, sans compter celle de l’or, de l’étain, du cuivre, de la houille, du blé et de toutes les céréales.

Le 10 juin, le parlement de Victoria a été ouvert par le gouverneur, qui, dans son discours, qu’on appelle là-bas le discours de la couronne, a dit que, si les protestations de la convention nationale de Sydney, qui s’est tenue dans les premiers jours du mois de décembre dernier, si l’action diplomatique anglaise et les efforts persistans des colonies ne réussissaient pas à empêcher la transportation projetée des récidivistes français dans les îles du Pacifique, le cabinet de la colonie de Victoria prendrait les mesures que comporteraient les circonstances. A la suite de cet incident, l’assemblée législative votait, le 4 juillet, une série de résolutions sur la question de l’annexion de la Nouvelle-Guinée et d’autres îles du Pacifique, qui avaient été adoptées déjà par la convention intercoloniale tenue à Sydney, et proclamait avec un grand enthousiasme et à l’unanimité les principes suivans : 1° fédération des colonies en un Dominion australasien ; 2° annexion à ce Dominion de la Nouvelle-Guinée et des autres îles du Pacifique ; 3° législation défensive contre les criminels étrangers.

A son tour, le Parlement de Queensland a été ouvert par un discours du gouverneur, qui a fait mention de la garantie de 15,000 livres sterling ou 375,000 francs offerte par les colonies australiennes pour l’établissement de la juridiction anglaise dans les eaux de la Nouvelle-Guinée, et le gouvernement de la métropole a été invité à renouveler sa protestation contre la transportation des récidivistes français au Pacifique. En attendant, un projet de loi a dû être déposé pour empêcher d’une façon effective le débarquement des récidivistes au Queensland. Depuis, le parlement de cette colonie s’est prononcé dans le même sens que celui de Victoria, adoptant à l’unanimité les résolutions de la convention de Sydney. L’assemblée de Tasmanie a émis un vote semblable, ainsi que l’Australie du Sud. Seulement le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud s’est