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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/363

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L’ESPÈCE


DANS


LE RÈGNE VÉGÉTAL


L’Évolution du règne végétal ; les Phanérogames, par G. de Saporta, correspondant de l’Institut de France, et A.-F. Marion, professeur à la faculté des sciences de Marseille, 2 volumes avec 106 figures dans le texte. Paris, 1885 ; Félix Alcan.


On ose à peine revenir sur l’espèce pour essayer de dire ce qu’elle est sous nos yeux et ce qu’elle a dû être dans le passé, tellement cette notion a soulevé de controverses et fait écrire de pages, soit en faveur des idées de Darwin ou de son école, soit à leur encontre de la part des adversaires du transformisme. Il semblerait donc que la question fût au nombre de celles qu’on délaisse comme épuisées. À voir les choses par le dehors seulement et telles qu’un homme du monde peut être tenté de les envisager, on aurait usé, de part et d’autre, de tous les argumens susceptibles d’être invoqués et le débat se trouverait clos par lassitude, sans qu’il y ait eu lieu de prononcer un jugement. Le « plus ample informé, » qui s’en remettrait aux enquêtes futures du soin de recueillir les élémens de l’arrêt à intervenir, n’a rien pourtant dont les partisans de la variabilité des êtres aient à s’alarmer outre mesure. Darwin, le promoteur et l’initiateur de l’évolution, est mort depuis bien peu d’années ; mais peut-on dire que le mouvement dont il a été le leader incontesté se soit ralenti immédiatement après lui ou dans le cours des années précédentes ? N’y a-t-il pas eu, bien au contraire, progrès évident, extension graduelle de la doctrine,