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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/346

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ou conférences, faits par des docteurs appointés, et trois cours libres. Ce ne sont pas encore là sans doute les chiures qu’atteignent certaines universités allemandes, celle de Berlin notamment, qui ne comptait pas moins de cent quatre-vingt-neuf cours dans sa seule faculté de philosophie (lettres et sciences) en 1860. Mais il serait tout à fait injuste de tirer de ce rapprochement une conclusion rigoureuse. On oublie trop souvent, quand il s’agit de l’Allemagne, d’abord qu’une partie des enseignemens qui se donnent dans les universités ont chez nous leur place au collège et que nous possédons, d’autre part, une quantité d’écoles spéciales, d’établissemens scientifiques qui compensent dans une large mesure l’apparente infériorité de nos facultés, sous le rapport du nombre et de la variété des cours. Pour établir une comparaison exacte entre les deux systèmes et les deux pays, il faudrait mettre en regard des universités allemandes : 1° les classes de philosophie, de mathématiques élémentaires et de mathématiques spéciales de nos collèges ; 2° l’École polytechnique, l’École normale, le Collège de France, les Écoles des chartes, des hautes études, des langues orientales, le Muséum, pour ne parler que de ces grandes fondations. Et qui sait alors, si la balance pencherait autant qu’on le croit généralement du côté de l’Allemagne ? Je me borne à ce simple point d’interrogation ; la question est trop grave et se rattache trop étroitement au plan de reconstitution des anciennes universités françaises pour être traitée d’une façon incidente. Réservons-la donc et passons, sans nous y arrêter davantage, aux bourses de licence et d’agrégation.

Les bourses de licence et d’agrégation existaient déjà sous une forme moins simple, et sous le nom d’écoles normales secondaires. Mais elles n’avaient pas de crédit spécial, et par suite d’existence bien régulière. Chaque année, le ministre accordait, sur la proposition des recteurs, le vivre et le coucher dans nos lycées à un certain nombre de candidats à la licence, résidant au chef-lieu d’académie. Pour les autres, pour ceux qui ne pouvaient venir en chemin de fer assister aux conférences, un enseignement à distance avait été organisé. Ils recevaient tous les huit jours par l’intermédiaire du recteur des textes de devoirs, des sujets d’étude ou de composition et des copies corrigées. Le rouage était sans doute un peu compliqué ; mais il avait un grand mérite, en 1868, c’est qu’il n’entraînait aucune dépense nouvelle. N’étant plus retenue par des considérations de cette nature, l’administration a très judicieusement adopté pour nos facultés le système qui existait dans nos collèges et dans plusieurs de nos grandes écoles. Elle a créé (M. Waddington en 1876) 300 bourses de licence (M. Ferry en 1880) 200 bourses d’agrégation, les premières de 1,200 et les secondes