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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/345

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palais qu’on leur a donnés. Qu’on s’arrête dans cette voie, au lieu de se livrer aux architectes, aux entrepreneurs, aux fournisseurs et généralement à toutes les sangsues qui nous ruinent depuis dix ans, et l’on sera tout étonné de l’aisance avec laquelle les crédits jugés indispensables aujourd’hui pourront être réduits.

Une des causes les plus actives de la prospérité des universités allemandes est sans contredit le nombre et la variété de leurs cours. Déjà l’enquête entreprise en 18GA avait mis ce point en pleine lumière. On peut lire, en effet, dans le rapport qui précède la statistique de 1868 :

« Les universités allemandes ont trois sortes de professeurs enseignant à la fois dans l’enceinte académique : l’ordinaire, l’extraordinaire et le privatdocent, tous trois payés par les particuliers, les deux premiers ; rémunérés en même temps, mais très inégalement, par l’état.

« Nos facultés ne connaissent qu’un seul ordre de professeurs, ceux qui sont titulaires de leur emploi ; Mais ces titulaires sont peu nombreux, cinq en moyenne, et l’enseignement est ordonné d’une manière immuable… Nos facultés ainsi réduites et où le renouvellement ne se produit qu’avec une extrême lenteur, ne peuvent, malgré le talent et l’ardeur qu’on y montre, avoir le mouvement et la vie d’universités autrement composées.

« Je ne proposerai pas d’augmenter au hasard des circonstances le nombre des chaires et de déranger l’économie si bien réglée de notre enseignement. Mais aux bienfaits de l’ordre il est possible de joindre ceux de la liberté en allant aussi loin dans ce sens que nos lois et nos mœurs le permettent, et de donner à notre enseignement supérieur la variété qui attiré, le mouvement qui fait la vie, l’émulation qui garantit le progrès, sans détruire la tradition qui est une force. »

Et le rapport concluait nettement a l’ouverture dans nos amphithéâtres de cours faits avec l’agrément des professeurs titulaires par de simples docteurs.

L’institution des maîtres de conférences de facultés n’a été que l’heureuse application de cette idée si simple. On sait le chemin et les progrès qu’elle a faits. En 1876, lorsqu’à l’instigation de M. Du Mesnil M. Waddington demanda l’inscription au budget d’un crédit de 300,000 francs pour cet objet, le nombre des professeurs et par conséquent des enseignemens n’était pour toute la France, excepté Paris, que de cent cinquante-neuf. Il est aujourd’hui d’un peu plus de quatre cents. Par exemple, à la Faculté des lettres de Paris, aux dix-sept chaires occupées par les professeurs titulaires en exercice s’ajoutent actuellement quinze cours complémentaires