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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/204

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Quoi qu’il en soit, les bollandistes s’étaient engagés à mettre un peu plus de promptitude dans leur travail et à donner un volume tous les trois ans. Le tome XII d’octobre parut, en effet, trois ans après le tome xi, mais le tome XIII ne fut publié que quinze ans plus tard, intervalle assurément beaucoup trop long.

L’accroissement de l’œuvre parait tenir à deux causes : en premier lieu, au développement démesuré des commentaires explicatifs et parfois, comme dans l’article sur sainte Thérèse, à l’insertion d’ouvrages déjà publiés et qu’on trouve ailleurs. Sur ce premier point, les bollandistes pourraient se corriger eux-mêmes et cultiver une sobriété qu’ils ont trop négligée jusqu’ici. En second lieu, les Actes des saints, depuis quarante ans, sont beaucoup plus riches de textes qu’autrefois. Les nouveaux bollandistes, en se montrant sur ce chapitre plus libéraux que leurs aînés, méritent pleinement d’être loués. Ceux-ci n’avaient pas toujours donné les Actes, soit faute de les avoir trouvés dans les manuscrits dont ils disposaient, soit parce que ces Actes, de substance historique fort mince en effet, leur avaient paru d’une puérilité ou d’une absurdité trop criante. Aujourd’hui, cette espèce de document est mieux cherchée et, quelle qu’en soit au fond la valeur totale, mieux appréciée. Les nouveaux bollandistes ont pensé avec juste raison, qu’en matière de textes on ne saurait être trop généreux envers le public, qu’il faut publier intégralement et sous leurs diverses formes ceux qu’on possède et chercher ceux qu’on n’a pas.

Il convient d’approuver cette nouvelle largesse des théologiens de Bruxelles et de les louer d’avoir fait aux anciens documens plus de place que leurs prédécesseurs, et, tout en gardant la liberté de juger, de n’avoir pas pris celle de choisir. Bien plus, depuis 1882, pour compléter les premiers volumes de la collection des Actes, ils ont fondé un supplément sous le titre d’Analecta Bollandiana [1], où ils donnent des documens qu’ils ont eu la bonne fortune de trouver et qu’ils estiment d’utile secours aux érudits. A propos de ces pièces et particulièrement des Actes grecs inédits donnés dans les Analecta, j’oserai émettre quelques critiques. Je remarque dans les textes grecs publiés surtout dans le tome Ier des Analecta un scrupule de littéralité dans la transcription des manuscrits qui dépasse la mesure. Sous prétexte de ne rien changer, on publie des copies qui fourmillent de fautes au point d’être presque illisibles. C’est pousser trop loin le respect que de reproduire d’évidentes incorrections et de fautives écritures. Ce n’est point violer un texte que de l’émonder des barbarismes qui viennent d’un copiste

  1. Le tome Ier a paru en 1882 en quatre fascicules trimestriels ; le tome II en 1883.