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Page:Revue des Deux Mondes - 1884 - tome 63.djvu/828

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appelé le Saint-Édit, et on y trouve tous les conseils qui doivent inspirer la conduite des parens et des maîtres pour bien diriger les jeunes intelligences des enfans. Avec quelle autorité l’empereur y engage les parens à habituer de bonne heure leurs enfans à envisager le côté sérieux des choses ; à leur montrer des principes plutôt que des circonstances, des lois plutôt que des faits ; et à préparer leurs esprits à acquérir la qualité précieuse de l’attention ! Tous les efforts de l’éducation dans le premier âge devront tendre à élever l’atteniion et à combattre les mauvaises habitudes. Parmi celles-ci, le sage empereur cite : « l’habitude de répéter avec la bouche, tandis que le cœur (l’esprit) pense à autre chose. » Il recommande qu’on apprenne aux enfans à ne pas trop facilement se contenter, mais à interroger, afin qu’ils acquièrent le désir de savoir. Puis l’empereur apprend aux parens leurs devoirs pour diriger cette éducation, obtenir de leurs enfans l’obéissance, et les conduire sagement jusqu’à l’âge où les études commenceront à avoir un but.

La première pensée qui doive occuper l’esprit d’un étudiant est la suivante : « former une résolution. » Il est admis que, lorsqu’une résolution est fermement arrêtée, le but désiré sera atteint. Je ne connais aucun principe plus efficace que celui-là : faire dépendre de la volonté seule, unie à la persévérance, le succès des études. De tels principes non-seulement dirigent les efforts, mais préparent le caractère. Les conseils que nous devons suivre ont aussi une grande valeur au point de vue de l’étude en elle-même, et je les propose à la méditation de tous les étudians qui désirent parvenir sûrement au succès :

Analyser chaque jour le travail accompli ;

Récapituler tous les dix ou vingt jours ce qui a été précédemment appris ;

Commencer l’étude à cinq heures du matin ; prêter aux études autant d’attention qu’un général en prête aux opérations de son armée ;

N’interrompre, sous aucun prétexte, ses études durant cinq ou dix jours ;

Ne pas craindre d’être lent, craindre seulement de s’arrêter.

Et enfin, un dernier avis :

Le temps passe avec la rapidité de la flèche ; en un clin d’œil, un mois s’écoule, un second lui succède, et voici que l’année est déjà terminée.

Je crois qu’il serait difficile de me convaincre que cette méthode n’est pas la bonne et qu’il est préférable d’abandonner l’intelligence à son initiative. Certes, il existe des esprits d’élite qui n’ont pas besoin d’être conseillés, mais ils sont exceptionnels. Ce sont les