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Page:Revue des Deux Mondes - 1884 - tome 63.djvu/826

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LA



CHINE ET LES CHINOIS



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III[1].
L’ÉDUCATION. — LE CULTE DES ANCÊTRES. — L’ŒUVRE DE LA SAINTE-ENFANCE. — LES CLASSES LABORIEUSES.— LES PLAISIRS. — LA SOCIÉTÉ EUROPÉENNE, — ORIENT ET OCCIDENT. — L’ARSENAL DE FOU-TCHÉOU.



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xi. — l’éducation.


Le but que je me suis proposé d’atteindre a été de faire connaître les caractères de la civilisation chinoise dans son état primitif, et d’en établir l’originalité. Tout le monde connaît ces boules d’ivoire concentriques sculptées à jour, qui étonnent l’imagination par la délicatesse de leur exécution. Elles sont le produit d’une patience habile qui dirige dans l’intérieur d’une sphère d’ivoire une pointe d’acier recourbée et qui y découpe lentement, par des procédés ingénieux, ces petites sphères concentriques dont les surfaces seront ensuites ornées de dessins variés. Ces sculptures à l’aiguille, dans une matière aussi dure que l’ivoire, donnent l’idée de notre esprit. Nous procédons par ordre, avec lenteur, et nous nous appliquons à bien faire ce que nous faisons, avec méthode et avec patience.

L’éducation a une influence capitale sur les destinées d’un état ; de son organisation dépeudent la grandeur et la prospérité d’une société. Notre gouvernement a de bonne heure compris la nécessité

  1. Voyez la Revue du 15 mai et du 1er juin.