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Page:Revue des Deux Mondes - 1884 - tome 63.djvu/472

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 mai.


Tandis que s’achevait par un dernier scrutin ce vaste et paisible mouvement d’élections qui vient de renouveler toutes les municipalités de France depuis Paris jusqu’au plus humble village, un événement heureux et presque inattendu s’est accompli à l’autre bout du monde. La paix est faite avec la Chine, ou du moins, puisqu’il n’y avait pas de rupture déclarée, ce qui aurait pu conduire à la guerre a disparu. Il y a trois jours à peine, à Tien-tsin, — le télégraphe nous a porté la nouvelle de l’extrémité de l’univers, — un de nos brillans et intelligens officiers de marine, M. le commandant Fournier muni des pouvoirs de la France, a signé avec le vice-roi de Petcheli, plénipotentiaire de l’empereur de Chine, un traité qui éclaircit l’énigme jusqu’ici indéchiffrable des rapports des deux pays. La négociation, longtemps fuyante et insaisissable, a été conduite au dernier moment sans bruit, avec autant de décision que de discrétion : il en est résulté cet acte de Tien-tsin, — traité ou convention préliminaire, — qui remet pour le moment un peu d’ordre et de jour dans nos affaires de cet Orient lointain. Le protectorat de la France, dans ces contrées de l’Annam et du Tonkin, est reconnu par la Chine, qui rappelle toutes ses garnisons. Les frontières sont à peu près indiquées et seront respectées des deux parts. Les positions de sûreté nous sont acquises ; des conditions privilégiées de trafic dans les provinces chinoises du sud sont spéci-