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Page:Revue des Deux Mondes - 1884 - tome 63.djvu/245

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contrôle de l’état (la Seehandlung), Depuis plus de deux mois, les fonds russes étaient en hausse constante sur toutes les places allemandes, non-seulement à cause de l’emprunt que l’on préparait, mais aussi parce que la situation de la Russie s’est très améliorée depuis un an au point de vue financier et politique et parce que l’alliance entre Saint-Pétersbourg et Berlin écartait pour longtemps toute crainte de guerre.

Chez nous également, les souscriptions faites dans les derniers mois put réussi. On a surtout offert au public des obligations de chemins de fer, c’est-à-dire le type de valeur qu’il préfère à tous autres. Hier encore, la maison Rothschild mettait en souscription cent mille obligations de la Compagnie du Madrid-Saragosse. Cet emprunt était couvert ayant même le jour de la souscription.

Si les affaires ont été relativement animées pendant cette quinzaine sur nos fonds publics, on D’en saurait dire autant en ce qui concerne les titres des établissemens de crédit, toujours délaissés, exception faite cependant pour la Banque de France, qui a été très ferme, et pour le Crédit foncier, qui a monté de 25 francs environ à 1,315, sans motif spécial, en dehors de l’excellente situation sociale constatée par le rapport dont les actionnaires ont eu connaissance dans la dernière assemblée générale.

La Banque de France présente des bilans très favorables au point de vue de notre situation monétaire, les envois d’or d’Amérique contribuant à l’augmentation de l’encaisse. Les bénéfices réalisés depuis le commencement du premier semestre atteignent prés de lu millions et dépassent d’environ 750,000 francs le montant de la période correspondante de l’année dernière.

La Banque de Paris ayant publié les comptes de 1883, sur lesquels aura à statuer l’assemblée du 8 mai, quelques spéculateurs ont découvert que, pour distribuer un dividende de 50 francs, le conseil proposait de prélever une somme de 3 millions sur le solde des bénéfices réservés, et sur cette découverte ils ont vendu, supposant que les actionnaires se montreraient surpris et mécontens, Mais les actionnaires savent bien que l’exercice 1883 a été médiocre, et que si le conseil a cru pouvoir puiser, non pas dans les réserves, mais dans les bénéfices non distribués des exercices antérieurs, pour parfaire le dividende de 50 francs, c’est précisément parce que les actionnaires avaient décidé de conserver ces bénéfices pour cet objet même.

L’assemblée du Crédit industriel (22 avril), a fixé à 18 fr. 35 le montant du dividende pour 1883, La Société générale est immobile à 20 francs au-dessous du pair. La hausse constante de l’Italien est favorable à la bonne tenue de la Banque d’escompte, qui a joué un rôle dirigeant dans l’émission et le classement du dernier emprunt.

Le Crédit lyonnais a gagné environ 10 francs du 15 au 30 ; la Banque