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Page:Revue des Deux Mondes - 1884 - tome 63.djvu/232

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




30 avril.

Il faut bien occuper les vacances parlementaires en attendant les élections municipales qui vont se faire ces jours prochains, et notre monde politique proûte de ses loisirs pour voyager. Il occupe ses vacances à aller inaugurer des monumens en province et à prononcer des harangues. C'est ainsi qu'il s'est trouvé l'autre jour au rendez- vous que lui avait douné la municipalité de Cahors pour l'inauguration d'une statue de M. Gambetta. La boune ville du Quercy a voulu possé- der, à celle occasion, dans ses murs, les « sommités de la politique, de l'administration, des sciences et des arts; » elle a eu du moins la fleur du monde officiel, ministres, sénateurs, députés, généraux, con- seillers d'état, préfets et sous-préfets de la région, a autorités civiles et militaires, » pompiers et gardes champêtres. Cahors a pu se croire pour un jour une petite capitale. M. le président du conseil, arrivé tout exprès pour conduire la cérémonie, est allé avec son cortège voir tomber les derniers voiles qui couvraient encore le monument repré- sentant M. Gambetta, une main appuyée sur un canon, l'autre main tendue vers l'horizon invisible et inconnu. Voilà qui est fait. Cahors a son grand homme, M. Gambetta a son piédestal, et M. le président du conseil, après avoir salué le monument d'un dithyrambe un peu emphatique, a pu s'en aller tranquillement le lendemain, à Périgueux, prononcer un autre discours qui prouve que, si M. Gambetta n'est plus de ce monde, M. Jules Ferry est là heureusement pour le remplacer et même, à ce qu'il croit, pour le remplacer avec avantage.