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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 40.djvu/961

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conversations des souverains momentanément réunis, et il n’est point douteux que la question du Danube n’ait à son tour son influence sur les suites de l’action collective engagée à Constantinople.

On continuera certainement à agir auprès de la Porte pour se rapprocher de plus en plus de l’exécution du traité de Berlin. La Porte s’exécutera en partie, elle commence déjà à s’exécuter au sujet du Monténégro, et cela dispensera d’entrer dans la voie des coercitions, de recourir à des démonstrations toujours périlleuses. L’Europe ne regrettera pas peut-être d’avoir une occasion de réfléchir et de s’arrêter, pour plusieurs raisons : d’abord parce que, pour aller plus loin, on cesserait vraisemblablement de s’entendre, et ensuite parce qu’où ne sait pas bien jusqu’où s’étendraient, comment finiraient les conflits que pourrait allumer l’apparition d’une force européenne sur les côtes de la Turquie.

ch. de mazade.




ESSAIS ET NOTICES.

Diamans et pierres précieuses. Bijoux, joyaux et orfèvreries, par MM. Ed. Jannettaz, E. Fontenay, Em. Vanderheym et A. Coutance. Ouvrage orné de 350 vignettes. Paris 1880 ; Rothschild.

Depuis le célèbre traité d’Haüy, qui date de 1817, il n’avait pas paru de monographie vraiment complète des pierres précieuses. Or ce traité, dont M. Babinet a pu dire ici même « qu’il n’y avait guère d’ouvrage contenant si peu d’erreurs, » n’était cependant plus au niveau des progrès de la science, et c’est là ce qui justifie la publication du livre que nous avons sous les yeux et qui a été élaboré en commun par une réunion d’hommes également compétens dans leurs spécialités. M. Jannettaz, maître de conférences à la Sorbonne, a rédigé les chapitres concernant les formes cristallines, les propriétés physiques et chimiques des gemmes, les gisemens, les procédés de reproduction ; M. Vanderheym, président de la chambre syndicale des diamans et des pierres précieuses, s’est chargé des questions techniques : mise en œuvre, estimation des pierres, conditions du commerce ; M. Fontenay a fait l’histoire de l’art du bijoutier ; M. Coutance a fourni les pages consacrées au corail et aux perles fines. De cette collaboration il est résulté un ouvrage qui, à première vue, inspire confiance et qui se lit facilement parce que ceux qui l’ont composé ne nous parlent que de ce qu’ils connaissent bien.

« L’usage du diamant, nous dit-on, se vulgarise d’une façon surprenante : il s’en vend pour plus de 100 millions par an. » De pareils