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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 40.djvu/938

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Chansonnier historique du XVIIIe siècle, publié par M. Emile Raunié. — I. La Régence, 4 vol. in-18 ; Paris, Quantin, 1879-1880.

Il y a de cela quelques mois, paraissait le premier volume d’un recueil demeuré jusqu’alors, dans son ensemble, à peu près inédit, et pour cette raison, comme on peut croire, d’autant plus fameux parmi les érudits, sous le nom de Chansonnier Maurepas. On nous en avait si souvent parlé comme d’un inépuisable trésor de renseignemens historiques ; l’éditeur, M. Emile Raunié, dans une préface intéressante et consciencieusement étudiée, nous renouvelait d’un ton si convaincu l’assurance que nous allions trouver là, sur l’ancienne société française, abondance de mordantes épigrammes et d’instructives révélations ; enfin le nom lui-même de Maurepas nous était parvenu comme le nom d’un homme de tant d’esprit, dans un siècle où l’esprit, à ce que l’on prétend, courait les rues ; que nous crûmes, en effet, naïvement, que l’histoire et la littérature s’enrichissaient tout d’un coup de quelques milliers de pièces dont la valeur historique n’aurait d’égal que l’agrément littéraire. A la vérité, nous aurions pu réfléchir, — puisque aussi bien les érudits prennent à tâche de nous en administrer tous les jours quelque preuve nouvelle, — que l’inédit trop souvent n’est inédit que parce qu’il ne vaut pas la peine d’être édité. Pour une publication vraiment utile, c’est le cas de combien de Mémoires et de Correspondances ! Mais quoi ! l’épigramme, la chanson, le vaudeville, — ce sont des genres si français ! Dans les histoires imprimées, on trouvait quelquefois sur une favorite arrogante, sur un ministre incapable, sur un général malheureux, de si jolis couplets, si bien tournés, dont la