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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 40.djvu/808

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Ch. Renouard. Discours prononcés à la Cour de cassation, 1871-1877, précédés d’une notice sur sa vie, par M. Charles Richet.


Après les créateurs dans tous les genres, se placent les esprits qui se montrent habiles à féconder par des applications nouvelles les vérités découvertes et ceux qui réussissent à rapprocher des sciences étrangères les unes aux autres. Ceux-ci ont pour caractères l’étendue, qui les rend opposés à ce qu’il y a d’exclusif dans les spécialités, et la pénétration, qui leur fait découvrir sûrement les points où l’accord peut se faire ; leur rôle est de rectifier les vues incomplètes ou fausses qui créent des divergences, d’affirmer l’unité de l’intelligence humaine exposée à se perdre dans la diversité des points de vue, et d’établir entre ces domaines voisins et rivaux des alliances utiles à chacun d’eux.

C’est par ce côté surtout que je voudrais envisager les travaux et les services d’un homme éminent, qui a partagé sa vie entre les hautes recherches intellectuelles et sa profession de magistrat, où il a tenu un rang élevé avec honneur et éclat. Sans prétendre à un de ces rôles de création scientifique qui n’appartiennent qu’à un bien petit nombre, sa place est notable comme promoteur d’applications nouvelles, comme auteur d’ouvrages considérables, qui n’ont pas encore épuisé toute leur portée ; elle mérite d’être