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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 40.djvu/78

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I. Adrien Naville, Julien l’Apostat et sa Philosophie du polythéisme. — II. F. Rode, Geschichte der Reaction Kaiser Julians. — III. Sievers, das Leben des Libanius.


Il y a des personnages, dans l’histoire, dont on ne se lasse pas d’entendre parler ; quelque connus qu’ils soient, on recommence sans cesse à interroger leur vie et leurs œuvres dans l’espoir de les mieux connaître. L’empereur Julien est de ce nombre : depuis des siècles qu’il occupe et divise les historiens du christianisme et de l’empire, on pouvait croire que tant de débats auraient à la fin fatigué la curiosité du public ; mais ce qui prouve qu’elle n’est point encore satisfaite, c’est que dans ces dernières années on a publié sur lui des livres nouveaux et qu’ils ont été lus avec intérêt. Est-ce à dire que M. Sievers, M. Rode ou M. Naville [1] aient découvert des faits entièrement ignorés et qu’ils nous révèlent un Julien inconnu ? Non, sans doute. Je ne pense pas que pour l’ensemble et l’essentiel rien soit à changer dans le jugement que Gibbon portait, il y a un siècle, sur ce caractère singulier. Ce sont seulement quelques points de détail qui ont été éclaircis, mais les moindres détails ont leur importance dans une histoire aussi délicate. Reprenons donc, à notre tour, ce portrait tant de fois tracé, et cherchons à connaître de quelle façon Julien nous apparaît sous cette lumière nouvelle.


I

Les événemens de la vie de Julien sont si connus qu’il est inutile de les raconter. On les trouvera exposés longuement et d’une façon fort intéressante dans l’ouvrage de M. de Broglie sur l’Église

  1. Je pourrais encore citer les noms de M. A. Mucke, de M. Kellerbauer, de M. Rendall, qui se sont occupés aussi du même sujet ; mais les trois ouvrages que j’ai placés en tête de cette étude me semblent suffire pour montrer ce que les travaux récens ajoutent à nos connaissances sur Julien.