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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 40.djvu/546

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l’art antique sentaient davantage le besoin de se grouper et de se concerter, de s’entendre sur la méthode, de se partager le travail pour le rendre plus rapide et plus fécond, de s’assurer un service d’informations exactes que contrôlerait une critique toujours en éveil. Ainsi naquirent, un peu partout, des associations qui se proposaient d’appliquer ce programme et d’obtenir ces résultats. Nous ne pouvons songer à les énumérer ici et à faire valoir leurs titres ; mais il convient tout au moins de rappeler l’œuvre accomplie, pendant un demi-siècle d’activité vaillante et laborieuse, par celle de ces sociétés qui a peut-être le plus fait pour les progrès de l’archéologie ; nous voulons parler de l’Institut de correspondance archéologique, fondé à Rome en 1829 par Bunsen, Gerhard et le duc de Luynes. Grâce à l’esprit large et ouvert de ses fondateurs, il eut, à son début et pendant de longues années, un caractère vraiment international, dans toute la force du terme ; il réunit, dans un effort commun, les savans les plus éminens de toute l’Europe et leurs meilleurs élèves ; il trouva partout des collaborateurs et des correspondans. Avec leur aide, il établit bien vite un Bulletin où venaient s’enregistrer mois par mois toutes les trouvailles de quelque intérêt faites sur un point quelconque du bassin de la Méditerranée ; quant aux découvertes vraiment importantes et aux problèmes qu’elles posaient, la discussion en était réservée pour un autre recueil, pour des volumes qui portaient le nom d’Annales ou de Mémoires et qui s’ouvraient à des travaux souvent fort développés, à des dissertations dont plusieurs ont fait époque dans la science. Ces essais étaient accompagnés de belles planches ; le grand format choisi pour l’atlas a permis aux Momumens inédits, comme on les appela, de reproduire les objets d’art à plus grande échelle et avec plus de fidélité qu’on ne l’avait tenté jusqu’alors [1]. Pendant que l’institut romain se dévouait ainsi tout entier à ces recherches et qu’il assurait à ceux qui les poursuivaient les avantages d’une publicité régulière, elles prenaient une place de plus en plus considérable dans les travaux des principaux corps savans de l’Europe. L’Académie des inscriptions et belles-lettres, la classe d’histoire et de philosophie, comme on dit en Allemagne, des académies de Berlin, de Munich et de Vienne, faisaient, dans leurs

  1. Pour l’histoire de l’Institut de correspondance archéologique, aujourd’hui l’Institut archéologique allemand, on consultera surtout la notice écrite à l’occasion de la fête où l’Institut a célébré, à Rome, en 1879, le cinquantième anniversaire de sa fondation. Elle est due à la plume de Michaelis, l’un des plus savans archéologues de l’Allemagne contemporaine, et elle porte le titre suivant : Storia dell’ instituto archeologico germano, 1829-1879, Strenna pubblicata nell’ occasione della festa del 21 aprile 1879, dalla direzione centrale dell’ Instituto archeologico ; Roma, 1879, in-8°. Elle a paru aussi en allemand.