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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 40.djvu/242

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ce qu’on peut appeler la liquidation de la guerre. Par ce mot, pris ici dans son acception la plus large, il faut entendre à la fois l’acquittement des cinq milliards à l’Allemagne, la réparation des dommages causés par la guerre étrangère et la guerre civile aux villes et aux particuliers, enfin la restauration de la puissance française par la réorganisation de l’armée, la reconstitution d’une frontière fortifiée et d’un matériel de guerre à la hauteur des progrès de la science moderne. Les plus importans documens officiels relatifs à cette triple tâche sont contenus dans les trois derniers volumes ; les uns sont reproduits in extenso, les autres, dont les dimensions n’eussent pas permis une insertion intégrale, sont condensés dans des résumés succincts. — Le tome III est spécialement consacré à la question des indemnités payées par l’état français pour réparer les dommages de guerre. On sait qu’à la suite de très intéressantes discussions au sein de l’assemblée nationale, après avoir écarté l’idée de la réparation intégrale demandée par quelques orateurs, on a admis le principe du dédommagement partiel des dommages causés par les armées belligérantes. Il n’a été fait d’exception à la règle que pour les dommages causés par l’armée française opérant contre Paris insurgé ; dans ce cas, un droit à la réparation intégrale a été reconnu aux intéressés sur la demande de M. Thiers. Des sommes considérables, plus de 900 millions, ont été réparties entre les départemens, les villes, les communes, les particuliers, les chemins de fer, etc. Le tome IV s’ouvre par l’acquittement de l’indemnité de guerre à l’Allemagne, : il faut lire l’admirable rapport présenté à ce sujet à l’assemblée nationale par M. Léon Say, au nom de la commission du budget de 1875 ; rien n’est saisissant comme cet exposé des difficultés qu’il a fallu vaincre et des précautions que l’on a dû prendre pour mener à bien les colossales opérations financières au succès desquelles était attachée la libération du territoire de la France. Si la vitalité d’un pays se mesurait seulement à sa richesse, nous aurions le droit de nous enorgueillir d’avoir pu, sans crise monétaire, presque sans trouble dans les transactions intérieures, diriger sur l’Allemagne la plus énorme rançon qu’aucun peuple ait jamais payée. Le même tome IV contient encore les lois relatives à la réorganisation de l’armée, aux forteresses, et, à ce propos, l’étude du compte de liquidation, espèce de budget extraordinaire pour lequel les ressources n’ont jamais manqué. C’est ce compte de liquidation qui a permis au ministère de la guerre de couvrir d’ouvrages défensifs notre nouvelle frontière de l’est, de faire de Paris le centre d’une région puissamment fortifiée, et d’emplir en même temps nos arsenaux d’armes et de munitions. — Au tome V et dernier ont été renvoyés tous les documens qui, par leur date, n’avaient pu. être insérés à leur place dans le cours de la publication.

Nous venons de montrer l’ordre général de ce vaste Recueil. Nous