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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 38.djvu/727

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I. L’ÉCHEC DE L’ŒUVRE DE GERMANISATION

On rapporte que, lorsqu’au mois de janvier dernier, le gouvernement allemand présenta au Reichstag le projet de loi qui renouvelle par anticipation ce qu’on appelle le septennat militaire, le maréchal de Mullke, à qui des députés se plaignaient des charges trop lourdes que l’état de paix armée fait depuis si longtemps peser sur l’Allemagne, leur aurait répondu : « Voulez-vous rendre l’Alsace-Lorraine à la France ? cela changerait la question ; mais si vous ne le voulez pas, il ne vous reste qu’à adopter le projet. » Déjà, en février 1874, lors de la discussion de la loi qu’il s’agit maintenant d’aggraver et de proroger pour une nouvelle période de sept ans, le comte de Moltke avait dit à la tribune que l’Allemagne serait sans doute forcée de défendre pendant un demi-siècle les conquêtes que lui avait values une campagne de six mois.

Ce n’est donc pas la première fois que le chef éminent de l’état-major de l’armée allemande se sert de l’Alsace-Lorraine pour obtenir des représentans de l’Allemagne les sacrifices d’hommes et d’argent qu’il juge indispensables au maintien de la suprématie militaire de l’empire. Mais ce qui est nouveau, c’est que l’argument, qui jouissait encore, il y a six ans, d’une puissance irrésistible,