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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 38.djvu/215

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Hélas ! depuis que les cordonniers allemands se sont laissé pervertir par la déplorable propagande des fils d’Abraham et de Jacob, ils ne voient plus dans une paire de souliers qu’une affaire, car pour le juif il n’y a dans ce monde que des affaires et des calculs et il ne conçoit la vie que comme une opération de bourse. Le juif est le moins idéaliste des hommes ; sa religion même n’a jamais été à ses yeux qu’un marché. Il avait conclu avec Jéhovah un traité, un contrat en forme ; il lui promettait son obéissance et en retour Jéhovah s’engageait à engraisser ses champs, à bénir ses oliviers et ses vignes, à remplir ses greniers et ses cuves, à le faire vivre dans un jardin de délices ; il s’engageait aussi à lui livrer ses ennemis pieds et poings liés, en lui laissant le choix de les exterminer ou de les rançonner : « Parce que l’Éternel ton Dieu est avec toi, lu prêteras sur gage à plusieurs nations, et tu domineras sur elles, mais elles ne domineront point sur toi. » L’ancien Testament, a dit un teutomane, renferme tout le code de la politique réaliste, et voilà pourquoi les juifs sont les corrupteurs de notre peuple. — En vérité, nous croyons rêver. Combien de fois n’est-il pas arrivé à M. de Treitschke lui-même de vanter les bienfaits de la politique réaliste, de déclarer qu’elle est la science des sciences, le fin du fin, qu’il appartient à elle seule de rendre les peuples heureux et forts ! Combien de fois ne nous a-t-on pas répété depuis 1870 que l’Allemagne avait pris le sage parti de dépouiller à jamais son débonnaire idéalisme d’autrefois, qu’elle avait habité trop longtemps les demeures éthérées, que sa vraie mission était de posséder la terre, en s’écriant avec le Psalmiste : « L’Éternel nous a choisi notre héritage, car il nous aime, et il rangera les peuples sous nous, il mettra les nations sous nos pieds ! » Circoncis ou incirconcis, il faut se défier des habiles qui condamnent et flétrissent l’habileté d’autrui et des politiques peu scrupuleux qui médisent de Machiavel ; on a dit il y a longtemps qu’on peut les soupçonner de cracher dans le plat pour en dégoûter les autres.

Les ennemis des juifs, quand ils sont raisonnables, ne leur refusent pas tout. Ils leur reconnaissent sans se faire prier quelques bonnes qualités, l’endurance, l’aptitude à souffrir sans se plaindre, beaucoup de charité pour leurs pauvres, d’estimables vertus de famille. Ce qu’ils leur dénient absolument, se sont les vertus civiques et jusqu’à la faculté d’en avoir. Le juif, répètent-ils à l’envi, se considère lui-même comme une race à part, comme un peuple élu, à jamais séparé de tous les autres peuples par le mépris ou la répugnance qu’ils lui inspirent. Quoi qu’il fasse et quoi que nous fassions, le juif n’aura jamais les sentimens d’un citoyen et le cœur d’un patriote ; le juif est l’éternel étranger, aspirant à former une nation dans la nation, un état dans l’état et n’ayant d’autre patrie que sa religion ou son coffre-fort. Croirons-nous qu’il soit impossible aux juifs allemands d’être de bons Allemands ? Ce