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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/654

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(200 millions de francs) destinée à être prêtée aux cultivateurs et aux propriétaires pour les opérations de drainage ou autres qu’ils pouvaient avoir à entreprendre. Les prêts étaient consentis après un rapport fait par des ingénieurs spéciaux (inclosure commissioners) constatant l’utilité des travaux et la plus-value qui devait en résulter pour la propriété ; ils avaient le privilège de la première hypothèque et étaient remboursables en vingt-deux ans par des annuités équivalentes à 6 1/2 pour 100 du capital prêté. Le total des sommes avancées jusqu’ici par le trésor public est d’environ 375 millions, dont une partie est déjà remboursée. Mais les demandes de fonds devenant de plus en plus nombreuses, le gouvernement s’est déchargé de cette besogne sur des compagnies particulières, auxquelles il a conféré les mêmes privilèges hypothécaires. Ces prêts s’appliquent à toute espèce de travaux, notamment à ceux de drainage, de clôtures et de constructions de maisons d’ouvriers, pourvu que la plus-value qui en résultera pour la propriété soit supérieure au montant de la somme avancée, et c’est pour constater ce fait, qui motive le privilège hypothécaire donné aux compagnies, que l’état a conservé le contrôle de ces opérations et qu’il en fait constater l’utilité par ses ingénieurs. Ces travaux, qui sont exécutés, soit par les propriétaires eux-mêmes, soit par les soins des compagnies, sont très rémunérateurs et produisent un revenu annuel de beaucoup supérieur à l’annuité à payer. D’après un rapport publié par le directeur d’une de ces sociétés, une dépense totale de 4,875,000 francs a produit aux propriétaires un accroissement de revenu de 775,000 francs, c’est-à-dire plus de 15 pour 100. C’est donc une excellente spéculation pour le propriétaire, en même temps qu’une bonne affaire pour les actionnaires. Si des sociétés semblables étaient fondées en France, elles pourraient rendre à l’agriculture des services d’autant plus considérables que, par suite du morcellement, les grands travaux d’irrigation, de drainage, d’ouvertures de chemins, ne peuvent être entrepris par un seul propriétaire et qu’ils nécessitent le concours de plusieurs intéressés. Il y aurait tout avantage à les faire exécuter par des compagnies spéciales, sauf à répartir les dépenses proportionnellement aux bénéfices réalisés par chacun. Une société de ce genre serait certainement plus avantageuse pour le pays, en même temps que plus profitable aux actionnaires que toutes les sociétés purement financières qui se créent tous les jours et dont le seul but est de prendre au profit de quelques-uns l’argent dans la poche du public.

Indépendamment des moyens que nous venons d’indiquer comme pouvant améliorer la situation de l’agriculture dans le présent et dans l’avenir, il en est d’autres qui sont signalés par presque tous les correspondans de la Société nationale et qui méritent d’appeler