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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/526

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Les Grands Écrivains de la France. — Mémoires de Saint-Simon, par A. de Boislisle, 1er et 2e volumes ; Paris, Hachette.


Les amis de Saint-Simon, c’est-à-dire tout ce qu’il y a d’esprits curieux et de gens de goût en France, ont toujours souhaité qu’on leur rendît la lecture de ses Mémoires plus aisée. Montalembert, qui l’admirait et le connaissait mieux que personne, s’est chargé de parler pour eux et de résumer tous leurs désirs. Dans quelques pages étincelantes de verve et de bon sens, il a tracé une sorte de programme idéal d’une édition parfaite de Saint-Simon. Il y accumule, comme à plaisir, toutes sortes de difficultés ; il exige de l’éditeur les qualités les plus rares et qui ne se rencontrent pas souvent dans la même personne, une érudition infinie dans toutes les branches, le sentiment le plus vif des beautés littéraires, une connaissance approfondie des hommes, des faits et de la langue du XVIIe siècle. Il entend que le texte soit accompagné d’un commentaire perpétuel qui en éclaire les moindres obscurités ; dès que le nom d’un personnage est prononcé, si médiocre, si inconnu qu’il soit, il faut qu’on nous dise en note ce qu’on en sait, et qu’on nous raconte sa vie en quelques lignes. Lorsqu’à propos des gens dont il parle Saint-Simon a cru devoir rappeler d’où sortait leur famille, ce qui arrive presque toujours, nous ne pouvons nous dispenser de savoir si ce qu’il en dit est vrai, et voilà l’éditeur jeté, pour