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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/456

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débarrassé de la guerre du Paraguay, voyant une ère de calme s’ouvrir devant lui, jugea qu’il était temps de rentrer en lice et de venir au secours des finances provinciales.

La loi du 24 septembre 1873 inaugura un troisième-mode de procédure en matière de travaux publics.

Cette loi se bornait à donner aux engagemens pris par les provinces la caution du gouvernement central, mais elle subordonnait cette faveur aux conditions suivantes : 1° le montant total des capitaux, ainsi garantis de seconde main, ne devait pas dépasser un maximum de 278,125,000 fr. pour toutes les entreprises protégées ; 2° la caution impériale ne devait être accordée, dans chaque province, qu’à un seul chemin de fer reliant un centre important de production agricole à un port de mer ; 3° enfin les lignes favorisées devaient se présenter dans de telles conditions qu’on pût espérer retirer du trafic 4 1/2 pour 100 au moins.

Par malheur le crédit du Brésil en 1873 n’était plus ce qu’il avait été jadis. Le seul marché auquel à Rio on eût l’habitude de recourir pour les appels de fonds était le marché anglais. Or, en Angleterre, on savait les finances de l’empire embarrassées depuis la guerre, et les capitalistes n’avaient plus la même confiance dans la garantie de l’état. Aussi lorsqu’en exécution de la loi de 1873, le ministre des travaux publics brésilien eut consenti à cautionner les engagemens pris par les provinces pour la construction de douze chemins de fer nouveaux représentant une dépense de plus de 250 millions de francs, put-on à peine trouver des souscripteurs pour le tiers de cette somme et pour les titres de quatre lignes seulement. Huit autres concessions, qui auraient à elles seules exigé un capital de 175 millions, furent offertes sur la place de Londres sans trouver de maisons de banque disposées à les patronner.

Préoccupé de cet échec, le secrétaire des travaux publics, M. Coelho d’Almeida, prescrivit au baron de Penedo, ministre du Brésil à Londres, une enquête sur les circonstances qui l’avaient amené. Le rapport, envoyé par ce diplomate, est fort curieux à lire. Pour le composer, il s’était entouré des conseils des hommes les plus compétens, et ses allégations portent le cachet de la vérité. Il attribue la méfiance des capitalistes anglais à des causes multiples : d’abord à la manière de procéder du département de& travaux publics de Rio lorsqu’il accorde des concessions. Ce département charge, pour la rédaction de ces actes, ses propres ingénieurs d’estimer les dépenses probables de construction, et c’est d’après leur estimation qu’est fixé le capital garanti ; or le public de Londres n’a pas grande foi dans l’infaillibilité des ingénieurs brésiliens. Il craint que depuis l’époque de leurs évaluations, un renchérissement dans la main-d’œuvre n’ait eu lieu et que les