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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/451

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gisemens de fer et celle de Sainte-Catherine en gisemens de charbon ; mais jusqu’à présent aucune exploitation, sur un grand pied, n’en a été tentée.

Malheureusement les richesses agricoles ou minérales renfermées dans ce sol, si fécond, y sont encore presque à l’état latent, le pays est à peine exploré, ses ressources trop peu connues, et sa faculté productive trop souvent fatiguée par des cultivateurs imprévoyans et pressés de jouir ; les distances des lieux de production aux ports d’embarquement sont immenses, les voies de communication tout à fait insuffisantes.


II

Les voies de communication les plus fréquentées au Brésil sont celles qu’a formées la nature. Parmi elles, la mer tient la première place, les grandes villes ayant été fondées successivement sur la côte par les conquérans européens. Bahia, d’abord l’ancienne capitale, puis Rio-de-Janeiro, la nouvelle, toutes deux dominant des baies d’une beauté et d’une sûreté incomparables ; Pernambuco, dont le port est difficile d’accès, ne vient qu’en troisième ligne. Seize provinces sur vingt ont, sinon leur chef-lieu, du moins leur principal débouché sur l’Océan. De nombreux paquebots de toute nationalité entretiennent les relations.

Sur les fleuves magnifiques qui sillonnent le pays, la navigation prend également une grande importance. Cette navigation a été ouverte en 1866 à tous les pavillons. L’Amazone et son affluent, le Madeira, véritables mers en mouvement, font communiquer avec l’Atlantique la Bolivie et les provinces brésiliennes de Matto-Grosso et de l’Amazone ; le Tocantins, le San Francisco, le Parana, le Paraguay et d’autres cours d’eau offrent au voyageur et au marchand. le secours de leurs percées vers la mer. L’État subventionne de nombreuses lignes de bateaux à vapeur [1] et cherche à faire disparaître les obstacles que les navires rencontrent sur les voies navigables. Le plus fréquent de ces obstacles se présente sous forme de chutes ou de rapides que les ingénieurs brésiliens projettent, en général, de tourner par des routes ou des chemins de fer, au lieu de recourir à la canalisation : préférence qui, sans doute, résulte de la disposition des lieux, mais dont la conséquence évidente sera, par la nécessité des transbordemens, l’augmentation des frais de transport.

Les documens officiels parlent beaucoup des routes, et celles qui entourent Rio, Bahia, les grandes villes du littoral méritent

  1. Il dépense plus de 9 millions de francs en annuités affectées à ces subventions.