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Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/409

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à la vapeur : dans le premier cas, on fait usage de manèges ; , dans le second, de machines à vapeur fixes ou mobiles. Le manège, qui est un appareil destiné à transformer les efforts des moteurs animés en force agissant sur la machine-outil, se compose ordinairement d’un axe vertical mobile que fait tourner, au moyen d’un bras, un animal parcourant une circonférence, et qui transmet son mouvement, par des courroies ou des roues dentées, aux autres pièces du mécanisme. Nous n’entrerons pas dans la description des différentes espèces de manèges dont les dispositions ont été constamment perfectionnées, et qui rendent d’incontestables services pour les travaux intérieurs de la ferme, et particulièrement pour le battage des grains. Lorsqu’on peut faire usage des moteurs hydrauliques, il y a intérêt à les employer : mais, quoiqu’il s’en faille de beaucoup que toutes les forces disponibles de nos cours d’eau soient utilisées, ce n’est qu’exceptionnellement qu’on peut le faire ; partout ailleurs il faut avoir recours à la vapeur. Lorsque les travaux intérieurs sont nombreux, il est préférable d’installer une machine fixe qui consomme moins de charbon pour le même effet utile que les machines locomobiles, et de conserver celles-ci pour les travaux du dehors, parce qu’elles peuvent être transportées sur les différens points de l’exploitation. Le prix de revient d’une journée de cheval-vapeur varie suivant le nombre de journées de travail effectif ; mais, en tenant compte de l’amortissement, on peut l’évaluer entre 3 et 5 francs.

Les transports sont parmi les travaux agricoles un des plus importans, un de ceux qui figurent pour la plus forte part dans le prix de revient des produits de la terre. Les charrois de fourrages, de fumiers, de récoltes, occasionnent dans une ferme un mouvement continuel, qui montre combien il est important, non-seulement que les chemins soient en bon état, mais aussi que les véhicules soient convenablement établis et appropriés aux conditions locales. Depuis quelque temps, on commence à se servir pour les transports agricoles d’une voie ferrée qu’on peut déplacer à volonté et sur laquelle on fait circuler les wagons traînés par des chenaux, ou simplement poussés par des hommes. Bien que cet appareil ne soit applicable qu’en plaine et dans les grandes exploitations, il n’en rend pas moins de grands services, ainsi que le constatent las succès que l’inventeur, M. Decauville, remporte à toutes les expositions. Lorsqu’il s’agit de traverser des vallées, on se sert quelquefois de câbles aériens, sur lesquels roulent au moyen de poulies des paniers renfermant les matières à transporter.

La première opération en agriculture est le labour, qui a pour objet de diviser la terre et de la dépouiller des plantes parasites