Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/383

Cette page n’a pas encore été corrigée


leur voir atteindre le prix de 6,000 à 8,000 francs par hectare. La vallée de la Seine depuis Pont-de-l’Arche jusqu’à Mantes jouit d’une juste réputation pour la production fruitière et expédie non-seulement en Angleterre, mais en Suède, en Norwège et en Russie, des pommes, des poires, des prunes et des cerises.

Partout où le sol ne s’est pas prêté à l’établissement des prairies, les terres sont cultivées avec le plus grand soin ; c’est la région de la France où la culture est le plus intensive et a le caractère le plus industriel. La production des betteraves a favorisé l’établissement d’un grand nombre de sucreries et de distilleries, qui, après avoir utilisé le suc de la racine, restituent les pulpes, qui deviennent un aliment précieux pour le bétail, et servent par ricochet à augmenter l’engrais disponible et par conséquent la fertilité du sol. On fait en outre une grande consommation d’engrais artificiel et, notamment dans la Flandre, d’engrais humains ; aussi la production par hectare y est-elle portée à son maximum : elle s’élève à 18.03 hectolitres pour le seigle et 18.91 pour le blé. La population serait insuffisante pour les travaux qu’exige une culture aussi perfectionnée, si tous les ans des ouvriers belges ne se répandaient dans toute cette partie de la France pour biner les betteraves et récolter les céréales.

Cette région, surtout dans les départemens de l’Aisne et du Calvados, comprend un certain nombre de grandes exploitations ; on en compte 18,000 qui dépassent 40 hectares ; 77,000 de 10 à 40 hectares et 290,000 au-dessous de dix hectares. Le tiers environ de ces exploitations est cultivé par les propriétaires, tandis que les deux autres le sont par des fermiers ; le métayage est très peu pratiqué.

La région des plaines du nord comprend les départemens de l’Yonne, de la Haute-Marne, de la Marne, de l’Aube, de la Seine, de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne et d’Eure-et-Loir ; c’est-à-dire les anciennes provinces de l’Ile-de-France, de la Champagne et une petite partie de la Bourgogne. C’est un plateau peu accidenté, que traversent les vallées de la Seine et de la Marne et dont le climat est tempéré.

La Beauce, la Brie et le Vexin sont des plaines fertiles où la culture atteint une grande perfection ; c’est la production du blé qui domine, et elle y est presque aussi élevée que dans le nord, car elle dépasse 18 hectolitres à l’hectare. On cultive également la betterave, qui permet l’éducation d’un nombreux bétail destiné à la production du lait et à la fabrication des fromages. L’élève du mouton, notamment du mérinos, y est très répandue, et constitue une des branches principales de l’exploitation agricole. Dans une partie du département d’Eure-et-Loir, partout où la présence de l’eau favorise