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mais les plus grands côtés étant sur le boulevard et sur la rue de Choiseul, les façades présentent un beau développement. Il faudrait, pour donner une idée des dispositions intérieures, des explications pour lesquelles l’espace nous manque. Nous devons nous borner aux points principaux. Ce qui frappe tout d’abord, c’est la grande salle vitrée qui occupe le centre des constructions et monte jusqu’au troisième étage. Tous les services donnent sur cette salle au rez-de-chaussée. Deux rangs de piliers élégans déterminent les baies et soutiennent la corniche ornée sur laquelle pose une toiture en verre. Celle-ci non-seulement est légère, mais semble souple comme un vélum, suspendue qu’elle est à une forte charpente qui est au-dessus. De la sorte on a pu rendre son ossature délicate et supprimer l’effet désagréable que présente le rapprochement des vitres et des gros fers. Tout cela forme un ensemble d’un aspect brillant et d’une proportion excellente. La perfection de la construction et la beauté des matériaux ajoutent encore à l’impression. Au premier étage l’administration occupe des cabinets, des salons et des salles décorés avec le goût sévère que l’on remarque en Angleterre dans des établissemens analogues : des tentures vertes, des portes et des boiseries en acajou, des meubles qui se répètent donnent à toutes les pièces une unité, une gravité d’aspect tires sensible. La grande salle du conseil est remarquable : les lambris de vieux chêne en sont sculptés avec une rare finesse. Les autres étages sont occupés par les bureaux : là les charpentes en fer sont apparentes, les murs nous montrent partout la pierre ou le stuc, les meubles ont la couleur naturelle du bois ; on y trouve cependant une sorte de richesse qui vient de l’étendue des surfaces et de l’abondance du jour. Il y aurait à faire ressortir dans le programme du Crédit lyonnais quelques nouveautés au point de vue de l’idée et des aménagemens. La principale est la disposition de la serre des dépôts, qui, loin d’être placée dans des casemates ou dans des caveaux blindés, occupe dans deux étages du sous-sol, parfaitement éclairés, grâce au pavage de verre qui s’étend sur tout le rez-de-chaussée, des pièces dans lesquelles les caisses elles-mêmes, apparentes et inviolables avec leurs épaisses murailles de fer, forment comme une robuste décoration. Notons à l’entre-sol les salons où les personnes accréditées sont admises, et le service des études financières qui occupe entièrement tout le dernier étage. De la sorte l’établissement se présente avec des partis, des appropriations et des complémens dont l’idée existe peut-être à l’étranger, mais que nous ne sommes pas habitués à rencontrer chez nous.

Les conditions de distribution, d’éclairage, de chauffage, d’aération, comme de sécurité, se trouvent ici parfaitement remplies.