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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 27.djvu/476

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tique et à toute distinction confessionnelle. » À ce prix seulement, elle pouvait vivre, et elle a vécu sous l’active et habile impulsion de M. le comte d’Haussonville, qui la préside, qui l’anime de son dévoûment, qui, il y a quelques jours encore, rendait compte pour la sixième fois à l’assemblée annuelle des fondateurs de tout ce qu’elle a fait. C’est une œuvre aussi touchante que sérieuse.

Ce que la société de protection des Alsaciens-Lorrains a fait réellement, ce qu’elle fait chaque jour est digne de respect et même considérable. Depuis qu’elle existe, elle a recueilli plus de 3 millions dont elle dépense la plus grande partie au profit de milliers de familles, aidant de toute manière ceux qui cherchent du travail, secourant les vieillards et les femmes, assurant l’éducation aux enfans. Pour l’éducation seulement, bourses et subventions, elle n’a pas dépensé moins 152,000 francs. Elle a surtout concentré ses efforts dans deux fondations durables. Au Vésinet, elle a créé pour les jeunes filles des provinces séparées un orphelinat qui est déjà ouvert, qui a son aménagement complet, et en Algérie elle a créé plusieurs villages dont l’un porte justement le nom d’Haussonviller. Elle a formé des centres de population qui comptent chacun près de 100 maisons, elle a donné aux provinces algériennes 6,000 colons, elle a dépensé sur la terre d’Afrique 750,000 francs ! Et la société protectrice des Alsaciens-Lorrains a voulu, elle aussi, figurer à l’exposition universelle. Elle a sa place au Trocadéro par les spécimens de ses maisons africaines et par les plans de ses villages. Elle ne demande pas mieux que de continuer ses bonnes et utiles actions ; pour elle, M. le comte d’Haussonville ne craint pas de se faire solliciteur. Voilà par exemple une société d’un genre particulier qui ne promet pas de dividendes ! Elle n’offre que la généreuse satisfaction de concourir à une œuvre de piété patriotique et humaine. Les souscripteurs qui courent le monde ne trouvent pas partout un aussi beau dividende, et la commission du budget elle-même ne place pas toujours aussi bien l’argent de la France !

CH. DE MAZADE.


ESSAIS ET NOTICES.


LE ROMAN D’APOLLONIUS DE TYR.

La Bibliothèque nationale possède, entre autres richesses intellectuelles, un vélin qui, tout en datant du XIVe siècle pour l’écriture, n’en est pas moins la version d’un roman beaucoup plus ancien, et composé