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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 27.djvu/244

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de tout ordre, civils, militaires, universitaires. Eh ! certainement, on n’en disconvient pas, parmi ces propositions il y en a qui n’ont rien que de juste, de prévoyant ou de réparateur ; elles n’ont d’autre inconvénient que d’entraîner forcément des dépenses considérables, d’exiger de nouveaux crédits qui vont enfler démesurément le budget. Si on réunissait toutes les propositions de crédits qui ont été faites depuis quelque temps, on arriverait à des chiures quelque peu effrayans. Et voilà maintenant les propositions bien autrement importantes de M. le ministre des travaux publics sur le rachat des chemins de fer, sur l’amélioration des ports, des voies fluviales. Celles-là aussi méritent d’être étudiées et traitées avec considération. Malheureusement, avec tout cela, on entre dans une voie d’emprunts inévitables et prochains, de dépenses qu’on ne peut pas toujours préciser, sans parler de la question plus grave encore peut-être du rôle, des responsabilités et des charges de l’état dans l’exploitation des chemins de fer.

Poursuivre des réductions d’impôts et des augmentations de dépenses c’est un courant auquel on se laisse aller facilement. Il n’y a qu’une proposition à faire, un vote à obtenir, une majorité à rallier pour populariser la république. C’est là justement que le sénat peut intervenir avec autorité, avec efficacité. D’ici à peu, il aura des discussions sérieuses à propos des chemins de fer ; il se doit à lui-même d’exposer devant le pays la situation financière telle qu’elle est, sans pessimisme et sans illusion. M. le ministre des finances, qui l’autre jour, dans les Landes, prononçait un discours ingénieux et sensé à l’inauguration d’un monument élevé en l’honneur de Frédéric Bastiat, M. Léon Say est un administrateur trop vigilant et trop habile pour ne pas voir le danger d’aller trop vite, et pour n’être point heureux de se sentir appuyé contre ceux qui voudraient violenter sa prudence. Il ne s’agit ici ni de soulever des questions de partis, ni de susciter des conflits de pouvoirs ; il s’agit de maintenir dans toute sa vigueur, dans son intégrité un des ressorts de la puissance nationale, de réserver les ressources de la France dans un moment où la situation de l’Europe reste obscure, où s’agitent tant de problèmes dont les grands peuples ne se désintéressent pas indéfiniment.

CH. DE MAZADE.


Dictionnaire de l’administration française, par M. Maurice Block.
2e édition, Paris 1877. Berger-Levrault.

L’administration tient, en France, une si grande place, elle est investie d’attributions si étendues, que chaque citoyen, chaque contribuable est intéressé à connaître non-seulement les textes légaux qu’elle est chargée d’appliquer, mais encore sa doctrine et sa jurisprudence, c’est-à-dire les circulaires et les instructions qui complètent ou éclairent les dispositions législatives. Le dictionnaire publié en 1857