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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/76

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côte orientale offrant une multitude d’îles, de baies et de ports, les rivières descendant des montagnes ayant ouvert leurs embouchures de ce côté, puis des plaines délicieuses et bien boisées, partout des traces de volcan, comme la lave mêlée de scories, le basalte, la pierre ponce.

En Angleterre, sous l’impression de la grandeur des résultats de l’expédition de James Cook, s’était enflammé l’esprit d’aventure. L’Endeavour était à peine rentré au port qu’on se préoccupe d’une nouvelle campagne. C’est qu’en effet le voyage de circumnavigation le plus scientifique dont un peuple puisse encore s’enorgueillir vient d’être accompli. Les talens du marin, l’importance des découvertes, le progrès réalisé dans la connaissance du globe, les notions acquises sur les habitans des îles de la Mer du Sud, ont frappé les imaginations, excité l’intérêt, suscité l’admiration. Moins enthousiastes que beaucoup d’autres, il est vrai, paraissent être les membres du gouvernement. En récompense de ses services et de ses mérites, Cook reçoit une commission pour commander dans la marine royale. C’est modeste ; l’homme qui a si bien conduit le vaisseau de sa majesté britannique l’Endeavour croyait, sans trop de présomption, semble-t-il, avoir quelque droit au titre de capitaine. Lord Sandwich, le chef de l’amirauté, ne pensa pas devoir satisfaire une telle ambition ; c’eût été blesser les règles du service naval. On représenta qu’à défaut du titre les avantages étaient semblables. Belle consolation, en vérité ; mais tous les hommes comprennent-ils qu’à certaines heures c’est justice et bonne politique de transgresser les règles faites pour la médiocrité ? Ce qu’on devait au capitaine Cook n’était pas de l’ordre des choses ordinaires.

Malgré la reconnaissance des limites de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle-Zélande, malgré les barrières de glace rencontrées sous de plus hautes latitudes, l’idée de l’existence d’un continent austral n’était pas abandonnée. On mettait encore un espoir dans des recherches à travers les régions circumpolaires qui n’avaient point été visitées. Ainsi, dans le dessein d’affronter les glaces, furent armés deux navires offrant les qualités les plus favorables par les proportions et la solidité. On les appelle la Résolution et l’Aventure. Le chef, James Cook, arbore son pavillon sur la Résolution, Tobias Furneaux prend le commandement du second navire. On sentait alors tout le prix des études de la nature sur des terres encore à peine connues ; Joseph Banks, l’ardent explorateur pendant le premier voyage, devait faire la nouvelle campagne ; un dissentiment qui survint à la dernière heure entre le capitaine Cook et son ancien compagnon amena une rupture. En l’absence de Banks, un savant déjà estimé, John Reinhold Forster, et son fils