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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/697

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LE
BUDGET DES BEAUX-ARTS
ET
LA QUESTION MUSICALE

L'OPERA-COMIQUE. — LE THEÂTRE-LYRIQUE.

« L’arbre de la théorie est de teinte grise, mais l’art porte des fruits d’or. » Cet axiome d’un grand penseur serait fort de saison parmi nous. Que de discussions à propos de tout en général, et en particulier au sujet de la liberté des théâtres ! que de thèses plus ou moins heureuses, de grisailles, et pendant ce temps l’arbre magnifique s’épanouit plein de soleil, de concerts, de symphonies et tend ses rameaux d’or vers le ciel sans être atteint aucunement des mille petits bruits qui grincent en bas sous forme d’opérette ou de cafés-chantans. Curieuse chose en effet et bien caractéristique de la période de préparation où nous sommes, ces deux courans si divers qui se partagent le public ! C’est juste au moment où la vulgarité, le trivial, semblent tout déborder que le grand art, le plus grand art assoit son règne, et ceux-là qui tonnent le plus contre l’opérette et ses méfaits, dont ils rendraient volontiers responsable la liberté des théâtres, ont l’air de ne pas se douter des progrès énormes accomplis en sens contraire depuis vingt ans. Qu’est-ce que l’agacement de voir réussir telle drôlerie du répertoire des Folies-Dramatiques ou de la Renaissance, quand on le compare au fier et consolant spectacle que nous donnent chaque