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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/507

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L'IDEE MODERNE DU DROIT
EN FRANCE

II.[1].
LE DROIT ET L’IDÉE DE LIBERTÉ

I. Henri Taine. Les Origines de la France contemporaine. L’ancien régime. — II. Paul Janet. Histoire de la science politique dans ses rapports avec la morale. — Philosophie de la révolution française — La Morale. — III. Renouvier. Science de la morale. — IV. P.-J. Proudhon. La Justice dans la révolution et dans l’église.

L’antiquité s’était figuré d’après le même type le monde humain et le monde physique. Ce dernier lui apparaissait comme une sphère close par une voûte de cristal, où tous les astres, tous les corps ont un centre unique, la terre ; de même l’état était une sphère fermée où tout se subordonnait à une puissance unique. Selon cette conception absolutiste, l’individu ne pouvait avoir sa valeur et son droit que dans l’état ; la législation et la politique n’étaient guère que des systèmes de centralisation. Peu à peu s’est substituée à l’idée antique une idée plus libérale, et la conception moderne de l’ordre social n’est pas sans analogie avec la conception moderne de l’ordre astronomique. Brisant le ciel de cristal dont Aristote enveloppait le monde, la science a fait de l’univers une sphère infinie dont la circonférence n’est nulle part, et en même temps, au lieu d’un centre unique, elle a placé le centre partout,

  1. Voyez la Revue du 15 février.