Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/493

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la rive escarpée sur laquelle est bâti Gondokoro n’est plus, à certaines époques, qu’un marais plein de miasmes, tandis que l’ancien bras secondaire, qui est séparé du premier, par une île, est devenu le bras principal. La difficulté de trouver des porteurs et des soldats d’escorte empêcha M. Marno de continuer son voyage, comme il l’avait espéré, jusqu’aux grands lacs. Gordon Payant abandonné à Ladô, il fut très heureux de pouvoir profiter de l’offre du colonel Long de l’emmener avec lui aux seribas de Morou, de Moundo et de Makraka, dans le pays des Niam-Niam. Partis de Ladô le 31 janvier, les voyageurs furent de retour vers le milieu du mois de mars, et le 22 avril M. Marno se retrouva à Khartoum, d’où il entreprit encore une excursion à Kordofan. Au commencement de novembre, il fut de retour à Khartoum, et au mois de mai 1876 il put s’embarquer pour l’Europe. C’est le récit de ces voyages qui forme la matière d’un beau volume, accompagné de cartes et orné de nombreuses gravures, qui vient d’être publié sous les auspices de l’Académie des sciences de Vienne.

On trouve dans l’ouvrage de M. Marno non-seulement d’intéressans détails sur ses itinéraires, mais encore des renseignemens ethnographiques d’une grande valeur, des séries d’observations météorologiques et astronomiques, des vocabulaires, et une curieuse collection de fables qui ont cours dans le Soudan, et que M. Marno paraît avoir recueillies le premier. Dans ces fables, c’est toujours, sous le nom d’Aboul-Hosseïn, maître renard qui joue le principal rôle, et ses victimes sont tour à tour l’hyène, le crocodile, l’autruche et même le Hon ; quant au fond, la parenté de ces contes populaires avec ceux des peuples aryens est assez frappante. Comme on le voit, les matériaux que le voyageur autrichien a rapportés de son secopd séjour en Afrique sont de nature très variée, et ils ajouteront quelque chose à notre connaissance des pays équatoriaux.


I. L’Afrique et la Conférence géographique de Bruxelles, par M. Emile Baaning, 2e édition. Bruxelles 1878. — II. L’Afrique centrale et la Conférence géographique de Bruxelles, par M. Emile de Lavette. Bruxelles 1878. Muquardt.


Au mois de septembre 1876 s’est réunie à Bruxelles, sous la présidence du roi des Belges, une conférence internationale appelée a délibérer sur les misères de la « terre de servitude » et sur les moyens les plus propres à ouvrir le continent africain à la civilisation, Les travaux de cette conférence ont été exposés ici même par M. Emile de Laveleye, dans une intéressante étude que nous retrouvons en tête d’un volume récemment publié qui porte le même titre, et qui renferme en outre la traduction d’une série de lettres de M. Stanley adressées au Daily Telegraph, ainsi qu’une notice de M. E. Bujac intitulée les Égyptiens dans l’Afrique équatoriale, où sont relatées les expéditions des colonels