Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/439

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


exploitent ces lignes, des arrangemens en vue de conserver à chaque groupe le trafic qui lui appartient et d’éviter des abaissemens de taxe inutiles et une guerre de tarifs.

Traités particuliers. — Les entrepreneurs qui remettent au chemin de Lyon des maringottes signalent des difficultés qu’ils rencontrent dans la partie du transport à exécuter par terre. La commission estime que, pour tenir compte de ces difficultés, les maringottes pesant 3,600 kilogrammes ne seront taxées qu’à raison de 3,000 kilogrammes. — Un fabricant de plâtre demande : 1° une bonification de à pour 100 sur ses transports, 2° la faculté de ne payer le prix du transport qu’après la vente de la marchandise déposée dans la gare d’arrivée ; par contre, le chemin de fer fera le transport quand il le jugera convenable et pour compléter la charge de ses trains. La commission accorde, sous la réserve que le tonnage remis s’élèvera au moins à 4,000 tonnes par an.

La discussion des traités à passer avec les marchands de charbons de bois à Paris occupe plusieurs séances de la commission de Lyon. Toutes les questions de détail de l’exploitation sont abordées : magasinage gratuit dans certaines gares et pour des marchandises désignées, — jours de planche accordés aux négocians qui remettent un fort tonnage, — fixation d’un poids moyen fictif pour le sac de charbon de bois, etc. Les commissions se préoccupent de la recherche du trafic. Des avantages seront assurés aux personnes qui se chargeront des relations avec le public. Il conviendra de nommer des agens commerciaux et de leur donner des primes calculées sur le montant des produits qu’ils assureront au chemin de fer.

On ne reprochera certainement pas aux personnes qui ont tenté l’exploitation par l’état d’avoir méconnu la convenance de se plier aux nécessités du commerce ; elles admettaient la variabilité et par suite le relèvement des tarifs à un point tel que le chef de la division des chemins de fer au ministère des travaux publics croyait devoir rappeler qu’il n’était pas permis de relever les taxes réduites avant le délai d’un an. Tous ces efforts des commissions étaient à peu près stériles. Le ministre approuvait leurs propositions, mais souvent au bout de deux, trois, quatre, quelquefois six mois. On faisait les plus louables efforts pour attirer la marchandise, mais le ministre refusait le crédit destiné à payer le hangar sous lequel elle devait être abritée.

il y avait dans tout ceci, nous ne dirons pas un germe de mort, mais un germe de faiblesse irrémédiable par l’absence de responsabilité. Une compagnie, si puissante qu’on la suppose, est responsable de tous ses actes devant le plus petit comme devant le plus riche négociant ; un ministre ne l’est pas et ne le sera jamais. Nous venons de parler d’un refus de crédit pour construire des gares de