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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/287

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L'ECLAIRAGE ELECTRIQUE

Quatorze ans après la découverte de Volta, vers 1813, un des plus illustres chimistes de l’Angleterre, Humphry Davy, fit une expérience mémorable. Il prit deux charbons rouges, les éteignit sous le mercure et, les ayant taillés en pointe, il les mit en contact et fit passer entre eux le courant d’une pile : les deux pointes s’échauffèrent ; il les écarta, et il vit se produire entre elles une flamme légèrement convexe qu’il nomma l’arc électrique. Elle avait un éclat comparable à celui du soleil, une température si élevée que le platine y fondait comme de la cire, et que le fer y brûlait en projetant des étincelles. Cet arc se formait dans le vide aussi bien que dans l’air ; on pouvait l’agrandir jusqu’à 10 centimètres en reculant les conducteurs, après quoi il s’éteignait et ne pouvait être rallumé qu’en remettant les charbons en contact. C’était une expérience très belle, mais très coûteuse, car la pile était énorme en surface et comptait 2,000 élémens. Aussi Davy ne songea pas un instant à en faire le principe d’un nouvel éclairage. Cette idée ne pouvait venir et se réaliser qu’après de nombreux progrès dans l’art d’engendrer l’électricité. Ces progrès sont loin d’avoir atteint leur terme, mais ils sont assez avancés pour donner à la lumière électrique une place et même la première place dans l’éclairage de luxe. Ce qu’elle avait de trop vif dans son éclat a été adouci ; on a corrigé la crudité de sa couleur, et l’invention récente de M. Jablochkof lui a donné la fixité qui lui avait jusqu’à présent fait défaut. Adoptée déjà dans plusieurs lieux de réunion, elle y a apporté une illumination splendide, inoffensive et agréable d’aspect. Au mérite d’un ri éclat incomparable elle ajoute celui d’une économie inespérée ; Toutes ces qualités nous amènent à expliquer dans cette étude les procédés qui servent à la produire et les règles qu’il est nécessaire de suivre quand on veut l’utiliser.