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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/246

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comprendraient qu’en présence d’événemens comme ceux qui se succèdent, ils devraient, ne fût-ce que par calcul, rester unis par le patriotisme au lieu de se perdre dans un bruit stérile de divisions et de querelles assourdissantes. Malheureusement une résolution de ce genre, qui ajouterait à l’autorité de la France, paraît être au-dessus de la prévoyance et du tempérament des partis. La majorité de la chambre des députés préfère perdre son temps et user ses forces à poursuivre une guerre d’invalidation qui n’est plus qu’irritante quand elle n’est pas puérile. Les conservateurs du sénat aiment mieux chercher de petites revanches dans de petites combinaisons, faire d’assez médiocres querelles au gouvernement à propos de quelques lois qui ont été votées par la chambre des députés sur l’état de siège, sur la liberté du colportage, sur une amnistie effaçant les condamnations pour délits de presse prononcées entre le 16 mai et le 14 décembre 1877. De toutes parts, on néglige trop souvent les affaires sérieuses ; on s’égare chaque jour dans des détails irritans, et on ne prend pas garde que pour les uns et les autres il y aurait un rôle beaucoup plus digne, beaucoup plus utile, celui qui consisterait à servir généreusement la France, au lieu de sacrifier, comme on le fait fréquemment, les intérêts les plus sérieux à un esprit de parti sans fécondité et sans vertu.


CH. DE MAZADE.



La Mission de Jeanne d’Arc, par M. P. Godefroy, 1 vol. grand in-8°, orné de gravures ; Philippe Reichel.


Dans l’histoire d’aucun pays on ne rencontrera une légende semblable à celle de Jeanne d’Arc ; la religion, l’amour vrai de la patrie, cette autre religion, se sont donné rendez-vous dans le cœur de cette humble fille des champs pour lui faire accomplir les actes les plus beaux, sans aucune difficulté, avec une simplicité merveilleuse. M. F. Godefroy, dans sa Mission de Jeanne d’Arc, a réuni avec soin tous les documens que l’on possédait jusqu’ici sur la pucelle d’Orléans, il a lu tous les écrits ayant trait à cette époque de notre histoire, et a donné un simple résumé de cette vie si courte et si bien remplie. Son livre, orné de fort belles gravures, s’ouvre sur un portrait de Jeanne tiré d’un manuscrit du XVe siècle qui nous la représente avec un grand caractère de vraisemblance ; nous espérons que cet ouvrage recevra l’accueil qu’il mérite.


Le directeur-gérant, G. BULOZ.