Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 26.djvu/137

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LES
NOUVEAUX PORTS OUVERTS
DE LA CHINE

Les conquêtes morales et matérielles qui ont été faites dans l’extrême Orient depuis environ quatre ans sont considérables. Le Céleste-Empire, dans l’ignorance de ce qui se passait en Occident et menacé par l’Angleterre d’une invasion nouvelle, a livré, bon gré, mal gré, quatre nouveaux ports au commerce européen ; en outre, son grand fleuve, le Yangtse, est devenu navigable pour nous. Le Tonkin, aujourd’hui une annexe de la Cochinchine française, n’attend que des hommes intelligens, courageux, pour livrer ses richesses minérales et les voies qui l’unissent au Yunnan. La Corée, pays sauvage et si longtemps fermé, permet l’accès de ses villes maritimes à des consuls japonais. Les îles Soulou, cet éternel repaire de pirates, se transforment en nouveaux centres d’échange, grâce à la conquête définitive et glorieuse que l’Espagne vient d’en faire. A Sumatra, à quelques pas de Delhi, chez un sultan ami des étrangers, des français s’efforcent d’appliquer à une nature vierge la science agronomique dont ils sont pénétrés. Pérak, dans la péninsule de Malacca, appartient depuis deux ans à la couronne britannique, et les rudes Malais musulmans qui la peuplent s’habituent à obéir sans révolte au gouverneur anglais de Singapore. Enfin le mikado, malgré le mauvais vouloir d’une aristocratie expirante, persiste avec une noble énergie dans son désir de transformer le Japon, continuant à s’entourer, pour accomplir son grand œuvre, des lumières de nos savans, de nos légistes, de nos industriels et de nos officiers de terre et de mer.

Dans ces derniers temps, on a répété à satiété que nous ne nous occupions pas assez de ce qui se passait au dehors, que nous avions laissé comme à plaisir péricliter les conquêtes de Dupleix et de ses