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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/251

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nationales, aura quelques belles pages à consacrer à la fondation de ce royaume et au règne de Léopold Ier, règne d’autant plus fertile en enseignemens que Dieu, tout en protégeant visiblement la Belgique, ne lui a pas épargné les jours d’épreuve.

« C’est à l’histoire à remémorer ce qu’il ne nous est même pas permis d’indiquer ici, c’est à elle à dire cet élan des esprits dans toutes les carrières, dans les sciences, dans les arts, dans les lettres, et ce rapide développement de l’industrie qui a pour ainsi dire transformé cette nation, rendue à elle-même depuis à peine un quart de siècle.

« Sire, les membres du congrès national sont profondément émus et touchés du sentiment délicat et bienveillant qui ramène à cette même place où nous la reçûmes jadis votre majesté, au milieu de cette vieille phalange de patriotes ardens, dévoués, courageux, qui ont posé les premiers fondemens de notre édifice social, qui ont fait la Belgique que nous voyons, constitué les assemblées et les pouvoirs qui la gouvernent.

« Votre présence ici, sire, nous rappelle le souvenir de cette grande journée de juillet 1831, qu’aucune démonstration ne saurait rendre ; où les cœurs, ivres de joie et d’espérance, saluaient en Léopold Ier l’aurore d’une Belgique nouvelle se réveillant enfin après deux siècles d’un long sommeil sous la domination de l’étranger. Les mêmes acclamations l’attendent aujourd’hui dans chacune de nos villes, car l’idée de cette fête est toute populaire : oui, sire, c’est la voix du peuple qui sent le besoin d’exprimer sa gratitude à celui qui, après Dieu, a le plus contribué à le rendre heureux.

« Il ne nous reste maintenant, sire, qu’à remercier le ciel au nom de la patrie, en lui demandant de prolonger bien longtemps encore les jours précieux et le règne glorieux de votre majesté, pour rassurer de plus en plus l’avenir de notre pays, pour servir de conseil, d’exemple et de guide à ces jeunes princes, véritables enfans de la Belgique, qui sont appelés à continuer un jour les sages et nobles traditions du beau règne de Léopold Ier. »


Le roi, surmontant son émotion, répond en nobles termes à ce patriotique langage. Cette fête, c’est celle du congrès national de 1831. Glorifier le congrès national, c’est glorifier la Belgique elle-même représentée si largement dans cette illustre assemblée. Au milieu des plus grandes difficultés, elle n’a jamais renoncé à sa foi, en face des plus grands périls elle n’a jamais reculé. « C’est vous, messieurs, qui avez fondé l’œuvre dont nous poursuivons l’accomplissement ; vous avez donné au pays le courage nécessaire pour la mener à bonne fin. »

Après ce discours, et au milieu des applaudissemens, le roi entre