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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/18

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scientifique produite par les congrès qui siègent tour à tour dans les villes de toutes les parties de la France qui offrent les sujets d’études les plus nombreux et les plus intéressans n’a pas été sans produire quelque bien. Il y a eu des rapprochemens utiles entrée les hommes voués aux mêmes études ; certaines discussions sur divers points d’histoire locale, d’antiquités nationales, de botanique, d’agriculture et de géologie, n’ont pas été sans quelques bons résultats ; les études archéologiques surtout y ont gagné, grâce à M. de Caumont. Mais que de critiques à faire, dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer, de cette organisation, tumultueuse des congrès, et comment y voir une représentation sérieuse des sociétés savantes de la province qui la plupart, surtout les plus considérables, ne nomment point de délégués ? C’est à bon marché que s’obtient le titre démembre d’un congrès scientifique ; le premier venu, sans nul diplôme, sans nulle élection ou délégation, en fait partie moyennant une légère cotisation. Au milieu de cette foule, si peu choisie au point de vue de la science, et composée d’élémens si divers, les travailleurs sérieux sont comme perdus et trouvent difficilement à se faire une place. Que dire d’ailleurs de ces longues et prétentieuses listes de questions sur toutes choses qui doivent être résolues en dix jours, terme fatal de la durée de tout congrès scientifique !? Encore faut-il retrancher le temps donné aux fêtes, aux Te Deum, aux réceptions à la préfecture ou à l’hôtel de ville, et aux harangues emphatiques échangées avec les principaux personnages de l’endroit.

Ces critiques ne s’adressent, je tiens à en faire la remarque, qu’aux congrès de l’Institut des provinces et nullement aux réunions scientifiques qui n’ont lieu qu’entre vrais savans et qui n’ont pour objet que des questions ou des sciences spéciales, comme les congrès de médecins, de naturalistes, d’antiquaires, comme l’Association française pour l’avancement des sciences ou l’Association scientifique qui était dirigée par M. Leverrier, comme la Société d’archéologie. Mais, en raison même de leur spécialité, ces associations particulières ne peuvent servir de centre et de lien aux académies de la province.


III

Pour rallier à lui les sociétés savantes par l’intermédiaire du ministère de l’instruction publique, le gouvernement a des ressources et des avantages qui manquaient à M. de Caumont. Il dispose d’un budget pour l’encouragement des sciences et des lettres, il a les distinctions honorifiques et les décorations, il a pu avoir le concours d’hommes haut placés dans la science et même de