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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/160

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de tout ce qui est afférent à ces études, rendront d’éminens services. Peu nombreux, les élèves, dans ces centres secondaires, sont initiés sans difficultés, sans presse, sans interruption, aux travaux pratiques ; ils trouvent à leur portée tout ce qui peut servir à une première instruction médicale ; ils prennent place dans les laboratoires de chimie, s’exercent aux connaissances pratiques d’histoire naturelle, se livrent assidûment aux dissections, sont dirigés de près dans les études anatomiques ; ils abordent enfin les études cliniques, et peuvent s’adonner à l’examen des malades sans être empêchés par le trop grand nombre des assistans. Tout cela se fait en maintenant l’élève près de sa famille, et sous l’action directe de ses maîtres. La famille continue ainsi son rôle de protection pendant les premières années de la vie scolaire ; l’étudiant ne la quitte, pour aborder les facultés et entrer dans le tourbillon des grandes villes, que lorsque, mieux assuré de ses forces et de sa direction, il connaît sa voie et sait où il doit et veut aller.

Les écoles de médecine et de pharmacie de plein exercice sont encore mal connues. Elles sont au nombre de deux, celle de Marseille, instituée par décret du 26 novembre 1875, et celle de Nantes, instituée par décret du 28 janvier 1876. Ces écoles gardent les élèves en médecine pendant tout le cours de leur scolarité ; elles délivrent seize inscriptions de doctorat équivalentes aux seize inscriptions de faculté. Il résulte de ces larges droits conférés aux écoles de plein exercice que celles-ci doivent offrir à l’élève un enseignement complet et suivant de près celui des facultés. De là la nécessité d’organiser dans ces écoles un corps enseignant à la hauteur d’une telle mission. Aussi le nombre des chaires a-t-il été élevé à dix-sept, lesquelles représentent l’enseignement médical dans toutes ses parties essentielles. A ces chaires magistrales sont adjointes huit suppléances, distribuées entre les divers ordres d’enseignement : deux suppléances affectées aux chaires de médecine, deux aux chaires de chirurgie, deux aux chaires d’anatomie et de physiologie, deux aux chaires de chimie, de pharmacie et d’histoire naturelle. Ces suppléances sont données au concours ; les titulaires sont nommés pour dix ans ; ils prennent une part active à l’enseignement. Ces suppléances assurent le recrutement d’un professorat méritant ; sur elles repose l’avenir des écoles de plein exercice. Les concours ouverts jusqu’à ce jour ont été excellens ; ils demeureront tels, et susciteront, d’années en années, de plus nombreuses compétitions. Que d’internes de nos hôpitaux de Paris qui aiment la science voudraient ne pas la déserter pour la pure pratique, et qui parfois reculent devant les difficultés que leur réservent le concours d’agrégation et celui des hôpitaux de Paris ! Eh