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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/159

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cours libres se sont fait entendre à côté de l’enseignement médical officiel. Ces cours, autorisés par le ministre de l’instruction publique, avaient pour refuge les petits amphithéâtres de l’école pratique. Ces cours étaient si libres qu’ils demeuraient comme étrangers à la faculté, qui semblait ne pas les connaître, quoiqu’elle leur accordât l’hospitalité. Ils s’affichaient un peu partout, et quelquefois surtout hors des quartiers habités par les étudians. Ceux qui avaient obtenu l’autorisation de faire ces cours se disaient bien professeurs, mais parfois leur enseignement se bornait à trois ou quatre leçons qui avaient l’air plutôt de motiver des affiches que de répondre à un désir sérieux d’enseigner et à un cours préparé de longue main. L’enseignement libre se résolvait d’un côté en tentatives entièrement dignes d’éloges et utiles, et, d’un autre côté, en manifestations suspectes et peu dignes d’encouragement. Il fallait retenir les unes et éloigner les autres. Les mesures prises répondent à ce double but. Les demandes de cours libres sont renvoyées à la faculté et examinées par elle ; celles qui sont accueillies sont affichées officiellement par la faculté, après avoir reçu l’autorisation ministérielle ; aucun autre affichage ne peut avoir lieu. Ces cours libres constituent de la sorte une dépendance de l’enseignement de la faculté ; tous offrent un caractère scientifique ; ceux qui prendraient une autre allure seraient éliminés à une demande ultérieure. Ainsi reconstitué et reconnu, l’enseignement libre semble prendre un nouvel essor. On ne compte guère moins de vingt-cinq à trente demandes de cours par semestre. N’est-ce pas là un aide important de l’enseignement officiel ?

Avec la participation future des agrégés à l’enseignement, avec l’adjonction des cours cliniques spéciaux et le concours de l’enseignement libre, on peut affirmer que nos facultés de médecine offriront dés sources d’enseignement aussi abondantes que les universités allemandes, munies de leurs professeurs ordinaires et extraordinaires, et de leurs privat-docenten. Il s’agit que nous demeurions fermes et vigilans dans la mise en pratique de ces réformes. L’esprit de progrès qui anime nos facultés les préservera de tous ces relâchemens qui détendent et affaiblissent les meilleures institutions.


V

Les nouvelles écoles, dites de plein exercice ; et les écoles préparatoires de médecine forment aux facultés un complément utile. Avec la prépondérance qu’ont acquise les études pratiques, il devient manifeste que les petits centres d’instruction, s’ils sont munis