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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/154

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ne peut alors savoir. Un examen complet d’anatomie après la seconde année et un examen complet de pathologie interne et externe après la troisième année dépassent la mesure. Le professeur, ayant conscience de cet état des choses, et sachant qu’il retrouvera l’élève sur ces mêmes matières aux examens de doctorat, est porté à une indulgence excessive. En outre, dans la faculté de Paris, le nombre des élèves est si considérable que l’obligation de faire subir tous les examens de fin d’année dans le dernier mois de l’année scolaire, et alors que le nombre des examens de doctorat est lui-même écrasant, conduit nécessairement à des examens de fin d’année très rapides, l’examinateur devant interroger toute une fournée d’élèves. Tout cela rend l’examen peu sérieux. On a donc résolu de supprimer ces examens de fin d’année et de les remplacer par des examens définitifs plus nombreux et échelonnés dans le cours des études.

Le côté essentiel de cette réforme, c’est l’augmentation du nombre des examens de doctorat. Cette augmentation a été obtenue par le dédoublement de certains examens dont l’importance est majeure et dont la matière avait une étendue démesurée. L’examen d’anatomie et de physiologie sera dédoublé ; l’examen de pathologie interne, externe et de médecine opératoire l’est également. Le cinquième examen actuel est également dédoublé ; il y aura désormais deux examens cliniques, l’un pour la partie médicale, l’autre pour la chirurgie et les accouchemens. Cette réforme relèvera certainement le niveau des examens probatoires, et par contre celui des études. Elle permettra d’introduire dans les examens tout ce qui se rapporte à l’enseignement clinique des spécialités. Cet enseignement trouvera ainsi sa sanction. Aussi a-t-il été décidé que les chargés de cours cliniques spéciaux prendraient part aux examens probatoires en qualité d’agrégés. Ces cours entreront donc définitivement dans l’enseignement et dans les préoccupations des élèves qui les trouveront représentés aux examens.

Ainsi réformés et augmentés, nos examens probatoires pourront être comparés sans désavantage à ceux qui sont soutenus devant les universités étrangères les plus renommées. Il se peut que la liberté de l’enseignement supérieur, si elle prend racine et fructifie parmi nous, que le nombre des facultés officielles, s’il va en croissant encore, rendent désirable une autre organisation d’examens. On se délivrerait des difficultés et des assujettissemens des jurys mixtes, on préviendrait l’abaissement possible des examens probatoires devant telle faculté officielle, en laissant à toute faculté officielle ou libre le droit de délivrer un diplôme universitaire. Ce diplôme n’aurait qu’une valeur honorifique ; il fournirait le simple témoignage