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Page:Revue des Deux Mondes - 1878 - tome 25.djvu/150

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France n’atteindra à de pareilles proportions ; elle n’aura à redouter la comparaison avec aucune faculté étrangère.

Les enseignemens cliniques se sont établis à Lyon sous les plus heureux auspices. Nous avons dû indiquer les difficultés que rencontrait à la faculté de Paris l’extension de l’enseignement clinique ; nous avons fait entrevoir les rivalités et les méfiances cachées qui y existent entre l’assistance publique et le corps enseignant de la faculté. Aucune de ces difficultés n’a surgi à Lyon. L’administration hospitalière de cette ville a accueilli la faculté de médecine comme un hôte longtemps désiré. Libérale, et intelligente, elle a compris qu’il y avait entre elle et la faculté des intérêts similaires et non opposés, et que ce qui devait grandir à Lyon l’enseignement médical grandissait par cela même l’autorité scientifique des médecins des hôpitaux de la ville. L’administration hospitalière de Lyon a aimé la faculté naissante, a voulu aider à sa bonne institution, et préparer ses succès futurs. Elle a donc mis à la disposition de l’état toutes les ressources d’enseignement dont elle dispose, et grâces lui en soient rendues. Elle a entrepris de grands et magnifiques travaux, auxquels la municipalité n’a contribué que pour une part qui n’était pas la principale, et ces travaux sont conduits avec une telle activité que, à cette heure, l’installation clinique de la faculté de médecine est complète. Si la faculté ne peut montrer à l’ouverture de ses cours ses bâtimens et ses laboratoires achevés, elle pourra du moins montrer avec quelque fierté son enseignement clinique fonctionnant et offrant déjà aux élèves d’intarissables ressources.

La faculté de Lyon ne possédera pas seulement l’enseignement clinique général, pourvu de salles de malades affectées en permanence à chaque professeur de clinique, d’amphithéâtres nombreux et bien disposés, de laboratoires munis de tous les moyens d’analyses, et de recherches ; elle possédera, en outre, les enseignemens cliniques spéciaux, établis, dans les plus larges proportions. Et ici la libéralité de l’administration hospitalière, a permis de donner à quelques-uns de ces enseignemens une importance qu’ils n’avaient pas encore acquise en France, et de les élever au rang de chaires magistrales. Ce n’est pas uniquement le cours clinique des maladies mentales qui devient, comme à Paris, cours magistral ; ce sont aussi la clinique ophthalmologique et la clinique des maladies cutanées et syphilitiques ; mais aussi que n’a pas fait l’administration hospitalière pour qu’un tel résultat pût être acquis ! Elle a créé à l’Hôtel-Dieu un service ophthalmolqgique dont les proportions et l’aménagement dépassent tout ce qui s’est fait ailleurs. Cette clinique comprend deux salles, chacune de trente lits, l’une destinée