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Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 12.djvu/904

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menus débris de la civilisation antique. Par ce moyen, des frais sont épargnés aux visiteurs, et l’on n’a pas à remanier sans cesse un texte qui, dans un musée où l’on achète beaucoup, a cessé d’être complet dès le lendemain du jour où il a paru. Sans doute les catalogues imprimés ont leur utilité ; ils permettent d’entrer dans de plus grands détails sur l’histoire et l’explication de chaque monument, ils rendent service aux savans dans leur cabinet, et l’administration du musée, tout en poursuivant cette partie de sa tâche avec une lenteur qui a souvent été critiquée, ne l’a jamais perdue de vue [1]. Elle n’a pourtant point, pas plus que le Louvre, une série complète de catalogues ; c’est là une lacune qu’il importe de combler tôt ou tard. En attendant cette heure peut-être encore très éloignée, le public anglais souffrait moins de ce manque de livres que celui qui fréquente notre musée des antiques ; il avait, pour prendre patience, ce catalogue en abrégé, toujours tenu au courant, et déchiré en des milliers de feuillets dont chacun est appendu à l’objet qu’il définit. Depuis quelque temps, les conservateurs des antiques au Louvre ont eu l’heureuse idée d’imiter à cet égard leurs confrères de Londres ; déjà chaque bas-relief et chaque statue a son étiquette, et, pour ce qu’on peut appeler les petits antiques, pour les bronzes, vases, terres cuites et autres objets de cet ordre, si les renseignemens offerts n’ont plus ce caractère individuel, tout au moins des indications générales distinguent les divers groupes et signalent les provenances. L’intelligente bonne volonté qui préside à toute cette organisation ira plus loin dans cette voie ; elle multipliera, n’en doutons pas, ces étroites bandes de papier bleu qui, tout en instruisant le spectateur, ne déparent point le monument. Puisqu’elle a le sincère désir de servir et d’aider le public par tous les moyens en son pouvoir, qu’il nous soit encore permis de l’engager à suivre un autre exemple que lui donne le

  1. Voici la liste des catalogues publiés par les soins des trustees et relatifs aux antiquités : Description of the ancient terracottas, by T. Combe, 1810, in-4°. — Description of the Marbles, XI parties, in-4°, 1812-1861, by Combe, Hawkins, Cockerell and Birch. — Catalogue of the Greek and Etruscan vases in the British Museum, 2 vol. in-8°, 1851-1870. — Tablets and other Egyptian monuments, from the collection of the earl of Belmore, 1843, in-folio. — Inscriptions in the cuneiform character, from Assyrian monuments, discovered by A. H. Layard, 1851, in-folio. — Cuneiform inscriptions of western Asia, prepared for publication by sir Henry Rawlinson, 3 vol. in-folio, 1801, 1866. — Inscriptions in the Phœnician character, discovered on the site of Carthage, during researches by Nathan Davis, 1863, in-folio, 1870. — Inscriptions in the Himyaritic character, discovered chiefly in southern Arabia, 1863, in-folio. — Inscriptions in the Hieralic and Demotic character, 1868, in-folio. — Ancient greek inscriptions. Pars I, Attika 1874, in-folio. — Le cabinet des médailles et celui des papyrus ont aussi publié des catalogues où sont décrits et en partie figurés les objets les plus intéressans de ces collections.