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Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 12.djvu/900

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qu’il produit aujourd’hui sur le visiteur. On s’arrêtera surtout, — est-il besoin de le dire ? — dans les galeries consacrées à l’antiquité classique, et dans cette bibliothèque qui, par les facilités qu’elle offre aux recherches, n’a point d’égale sur le continent ; chacun aime à parler de ce qu’il ignore le moins, de ce qui se rattache le plus étroitement à ses propres études. D’ailleurs les collections d’histoire naturelle peuvent être considérées comme ne faisant déjà plus partie du musée ; après bien des discussions, il a été décidé que l’on construirait pour elles à South-Kensington un édifice spécial ; elles y seront transférées d’ici à quatre ou cinq ans. Enfin, pour que ce travail ait sa conclusion naturelle, il conviendra d’examiner comment s’administre ce grand établissement. Il y a là une organisation et des habitudes qui s’écartent beaucoup de ce que nous sommes accoutumés à trouver en France.


I

L’entrée du Musée-Britannique est plus commode que grandiose. On franchit la grille qui s’ouvre sur Great-Russell-street, on traverse une large cour sablée ; sur cette cour donnent, outre l’édifice principal, les maisons habitées par le directeur et par les plus anciens conservateurs, dépendances du musée, qu’elles flanquent sur les deux ailes. On monte quelques degrés et l’on se trouve sous le portique central. Là, des deux côtés du passage, un filet d’eau limpide et fraîche tombe dans une petite vasque de marbre blanc. Par les chaudes journées d’été, plus d’un visiteur s’arrête au seuil pour tremper ses lèvres dans le gobelet d’argent que retient une chaînette scellée dans la muraille. Une grande porte conduit dans un haut et spacieux vestibule d’où l’on entre dans les différens départemens. En face, on a l’étroit couloir qui mène à la salle de lecture, à droite la bibliothèque royale avec celle de Grenville et le cabinet des manuscrits, à gauche la galerie qui conduit aux antiques et aux bureaux de l’administration, ainsi que l’ample escalier par lequel on monte aux salons de l’étage supérieur. Cette disposition simplifie le service et facilite la surveillance ; mais elle ne profite point à l’agrément et à l’effet. Vous n’avez ici ni cette symétrie à laquelle tient tant l’architecture moderne, ni cette variété pittoresque et cette fantaisie qui caractérisent les œuvres de l’antiquité grecque ou de la renaissance italienne. Étant donné le plan général, une cour centrale carrée, tout entourée de constructions, l’escalier ne pouvait faire face à l’entrée ; l’espace eût manqué pour le mettre, avec ses dégagemens du premier étage, dans l’axe de la porte. On s’attendrait tout au moins à le voir se développer en deux larges rampes des deux côtés du vestibule. Au contraire, il est unique ; il s’élève, avec une