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Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 12.djvu/470

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pour creuser les canaux ou pour débarrasser des vases le lieu où l’on assoit les gros ouvrages. On s’est servi jusqu’à présent de machines nombreuses, diverses, toutes très puissantes. La plus curieuse porte un appareil de déchargement automoteur qui permet de travailler jour et nuit. La vase est d’abord déversée dans un cylindre vertical ; une roue horizontale centrifuge se meut à la base du cylindre, mise en mouvement par la machine de la drague; cette roue pousse la vase dans un tube flottant composé de pièces de bois que relient des assemblages de cuir et de fer; à 250 mètres et plus, le bout du tube est placé à travers ou au-dessus des sables déjà extraits, et verse au loin un jet vaseux dont les parties solides se déposent successivement et s’étendent à des surfaces considérables. Chacune de ces dragues peut enlever 574 mètres cubes par vingt-quatre heures; elle exige une équipe de 10 hommes.

Il nous reste à parler des travaux d’exploitation. Ce sont d’abord les chemins de terre. Ils sont simplement établis le long des canaux, sur les remblais, sans dispositions particulières d’aucune sorte. Les chemins de fer sont de construction moins facile, parce qu’ils doivent présenter une forte résistance lorsque le train passe en les ébranlant. Dans les terrains de l’Y, le directeur de ces ouvrages, M. van Prehn, a fait draguer la vase jusqu’au fond solide, puis combler la fouille avec du sable des dunes amené par le canal de Nord-Zée. Lorsqu’on travaille sur des tourbes, on se sert aussi de plates-formes en fascines avec un fort bombement et un remblai capable de maintenir ce bombement en état; ensuite on pose deux voies latérales assez écartées; grâce à ces précautions, on obtient un tassement régulier de la tourbe. Selon le plan de M. Leemans, le Zuiderzée sera traversé par deux chemins de fer : le premier suivra la digue de Kampen à Enkuizen pour rejoindre dans les terres, du côté de Kampen, la ligne de Zwolle, Deventer et l’Allemagne, et du côté d’Enkuizen la ligne de Rotterdam, Amsterdam et Nieustad; le second coupera les polders en ligne transversale, et depuis Amsterdam longera d’abord le grand canal maritime, et ensuite le canal de communication qui aboutit à la digue du côté de Kampen.


II.

Tout est donc nettement prévu; mais tout s’accomplira-t-il? Si l’entreprise n’est pas avantageuse, si elle ne constitue pas un bon placement, les fonds nécessaires ne se trouveront pas, car l’argent ignore les dévoûmens gratuits; on ne l’attire que par des profits sûrs ou de séduisantes promesses. Il s’agit donc de savoir si l’affaire est bonne, et si les produits couvriront les capitaux engagés.