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Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 12.djvu/177

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ÉTUDES SUR LA POÉSIE HÉBRAÏQUE

LE PSAUTIER JUIF
D’APRES LA NOUVELLE TRADUCTION DE M. REUSS.

La Bible, traduction nouvelle avec introductions et commentaires, par M. Edouard Reuss, professeur à l’université de Strasbourg. — Ancien Testament, 5e partie. — Poésie lyrique. Paris, Sandoz et Fischbacher, 1875.

Comme nous aimons désormais en France ce qui nous vient d’Alsace! Il semble toujours à des parens que l’enfant qu’ils ont perdu est celui qu’ils aimaient le mieux; de même nous n’avons jamais si bien senti la valeur de l’esprit alsacien que depuis le jour néfaste où il nous fut interdit de le ranger parmi les formes nationales de l’esprit français. Cette forme était sans doute germanique à bien des égards, comme par certains côtés l’esprit provençal est italien, — l’esprit gascon, espagnol, — l’esprit breton, irlandais ou gallois. C’est la spécialité qui donnait à l’Alsace sa physionomie distincte et charmante sans la séparer du giron commun. Elle rentrait pour sa part dans cet organisme national, le plus parfait qui eût encore existé, où l’unité rayonnante et vigoureuse du centre coordonnait, sans les paralyser, les membres extrêmes de la famille française. Aujourd’hui, quoi qu’on en dise, nous nous sentons mutilés. L’avenir seul apprendra à l’Allemagne si elle n’a pas compromis le résultat principal de ses sanglans sacrifices en s’incorporant, en vertu du droit de conquête, une population récalcitrante, qui