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Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 12.djvu/139

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légale. Le jour venu où les débats devaient s’ouvrir, Mœrd s’avança, prit des témoins et dit : « J’invite Flose, fils de Thord ou tout homme qui aurait entrepris sa défense, à écouter mon serment, mon exposition de la cause, et toutes les preuves que j’ai l’intention de produire contre lui. Je fais cette invitation légale en présence du tribunal, à haute voix, de sorte que les juges (domar) l’entendent à travers cet espace. J’ai pris Thorod et Thorbiœrn comme témoins que je dénonce, suivant les termes de la loi l’agression faite par Flose, fils de Thord, et la blessure par lui pratiquée contre Helge, fils de Nial, blessure mortelle, qu’a suivie la mort de Helge. J’ai déclaré qu’il avait, pour ce crime, encouru la peine de l’exil, etc. » Prenant des témoins, il dit : « J’invite les neuf quidr par moi désignés pour cette cause à prendre place sur le rivage (le long du torrent qui allait se jeter dans le lac de Thingvalla), et j’invite mon adversaire à dire s’il a des objections à faire valoir contre eux. » Eyolf s’avança alors, prit des témoins, et récusa deux des quidr : « Ils sont parens de Mœrd, qui poursuit la cause, dit-il, motif de récusation prévu par la loi. » A quoi la foule des assistans s’écria que la poursuite venait de subir un échec ; on s’accordait à dire que la défense était plus habile que l’accusation. — Mœrd, embarrassé, envoya consulter Thorhall, légiste expert qui lui dit : « Ta cause n’est pas perdue; Eyolf s’est abusé, il a eu tort d’avoir égard, non au vrai demandeur, mais à celui à qui la poursuite a été transmise. » Mœrd revint donc au tribunal, dénonça l’illégalité et fit rasseoir les quidr, et tout le peuple prononça que Thorhall lui avait été là d’un grand secours, et que la poursuite L’emportait à cette heure sur la défense. — Mœrd ayant de la sorte écarté ces moyens de droit et d’autres encore invoqués contre ses quidr, les requit de déposer leur opinion devant le tribunal. Un d’eux s’avança et prononça ces paroles, que tous confirmèrent d’un commun accord : « Nous avons été convoqués ici par Mœrd pour venir déclarer si Flose, fils de Thord, a commis contre Helge, fils de Nial, l’agression prévue par la loi, et s’il l’a blessé de la blessure qui a entraîné sa mort. Mœrd nous a requis en vue de la cause qui lui a été transmise. Nous déposons donc avec notre serment notre témoignage unanime. Nous témoignons contre Flose, nous le déclarons atteint et convaincu. » Cela dit, Mœrd se présenta lui-même et prit des témoins comme quoi ses quidr avaient rempli leur office et condamné Flose. Prenant de nouveau des témoins, il dit : « J’invite Flose ou tout homme par lui autorisé légalement à présenter sa défense dans la cause que je lui ai intentée, car toutes les preuves requises par la loi de la part de l’accusation, je les ai produites, ainsi que tous les témoignages nécessaires. J’invite légalement devant ce tribunal, à haute et intelligible voix, afin que les