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Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 2.djvu/916

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LA
MARINE MARCHANDE
ET
LES SURTAXES DE PAVILLON

I. Projet de révision du livre II du code de commerce, 1861. — II. Notre Marine marchande et son avenir, par M. J. Léveillé, 1868. — III. Enquête parlementaire sur la marine marchande, 1870. — IV. Travaux de la commission sur la marine marchande, 1873.

Le commerce que l’Europe entretient avec le reste du monde ne cesse de croître, et l’on peut dire qu’un hémisphère ne saurait plus se passer de l’autre. Les cotons, les laines, les bois, les épices, tout est confié aux chances de la mer pour venir jusqu’à nous. Qui soutiendrait aujourd’hui cette orgueilleuse prétention d’un peuple à vivre sur les seules ressources de son territoire? Quel désarroi, si l’approvisionnement de l’industrie manquait un seul jour! Il entre donc dans les vues de la politique d’avoir une marine qui réponde à ces besoins, et de favoriser la grande navigation. Seulement on n’est pas d’accord sur les conditions et les moyens : les uns s’attachent à la couleur du pavillon, les autres à l’étendue, à la facilité des transports; les uns suivent d’un œil jaloux nos vaisseaux sur les mers, les autres accueillent indifféremment ceux de toutes les nations. On conçoit d’abord qu’un homme d’état tout dévoué aux intérêts du continent n’attende guère des contrées lointaines que le strict nécessaire, dont il ne peut priver ses concitoyens, et réserve ce trafic à la marine de son pays : il ressemble à un bon général