Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 2.djvu/788

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mois d’août s’élevait à 11,068; — 2,239, c’est-à-dire 20 sur 100, n’ont pas satisfait aux épreuves des examens d’admission, qui sont très sévères, et malgré cette réduction 44 gymnases sur 127 ont dû refuser, faute de place, 1,048 élèves admissibles. C’est une preuve nouvelle de l’empressement des populations à profiter de tous les moyens d’instruction mis à leur disposition. Remarquez ce contraste : ailleurs c’est l’état qui fait des efforts pour engager les administrations locales et les citoyens à s’occuper de l’enseignement; ici au contraire ce sont les particuliers, les villes et les provinces qui précèdent l’état. Le devoir le plus impérieux, le plus pressant du gouvernement, n’est-il pas de seconder ce mouvement de régénération? L’entretien des gymnases et progymnases pendant l’année 1871 a coûté 4,467,644 roubles, dont 3,215,889, ou environ 72 pour 100, ont été fournis par l’état; le reste provient des municipalités, des états provinciaux, des particuliers et de l’intérêt des fonds scolaires. Un fait très curieux à noter, c’est que la Russie place chaque année comme professeurs dans ses établissemens d’enseignement moyen un grand nombre de Slaves autrichiens, 60 en 1870 et 60 en 1871. Si ce recrutement continue, il peut n’être pas sans conséquence pour l’avenir.

Le rapport officiel nous fait connaître aussi les efforts persévérans qui se font pour russifier la Pologne et les provinces baltiques. En 1871, il n’existait plus en Pologne qu’un seul gymnase où l’instruction ne se donnait pas en russe, et encore était-ce une ancienne école allemande transformée. « A partir de la seconde moitié de 1871, dit le Rapport, ce gymnase a été rangé à cet égard sous la loi commune. » Il s’ensuit que le polonais est désormais complètement banni de l’instruction moyenne. On se montre aussi très exigeant dans les examens d’admission aux gymnases pour la connaissance de la langue russe. « A la suite de cette mesure, ajoute le Rapport, les parens ont tâché de mieux préparer leurs enfans dans le russe, et ceci a eu pour résultat de rendre plus fructueuse pour les élèves la fréquentation des cours. » Dans les provinces baltiques, c’est-à-dire dans l’arrondissement scolaire de Dorpat, on procède avec plus de ménagemens. Sur onze gymnases, il y en avait dix où non-seulement le russe n’était pas la langue de l’enseignement en général, mais où l’enseignement particulier de cette langue laissait beaucoup à désirer. Les familles préfèrent l’allemand, qui est leur langue maternelle et qui les met en rapport avec l’Occident. D’ailleurs les maîtres de russe sont ou des Allemands qui savent mal l’idiome qu’ils ont à enseigner, ou des Russes qui n’ont pas fait d’études philologiques. Pour remédier à cette situation, qu’il déplore, le gouvernement a créé six bourses dans l’institut historico-philologique