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Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 2.djvu/715

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prix des transports peut seule arrêter cet essor; mais les chemins de fer hongrois, la navigation fluviale, permettent d’amener les marchandises aux lieux de consommation, à Kehl par exemple et à Marseille, à des prix correspondans au prix des blés d’Amérique, grâce au bon marché du blé sur les lieux de production. En 1867, année de grande disette, l’hectolitre de froment de première qualité valait à Pesth 20 fr. : année commune, il ne dépasse pas 14 fr. La Hongrie produit en moyenne 100 millions d’hectolitres par an, et peut fournir à une population double de la sienne. L’exportation dépasse 15 millions de quintaux métriques. Malgré de grands progrès réalisés surtout depuis l’abolition des droits seigneuriaux, l’agriculture a beaucoup à faire encore pour arriver au plein de la production.

Parmi les annexes que la commission hongroise avait ajoutées à son exposition principale, on a remarqué : 1° la czarda, où étaient débités les vins rouges de la Hongrie et aussi le Champagne, qui s’y fabrique en très grande quantité; 2° le village transylvain, avec la maison du colon saxon et celle du Szekler (Hongrois), dont les ameublemens différens représentaient des mœurs spéciales, et la charmante église en bois qui renfermait tous les produits forestiers de la contrée. On a distingué aussi le pavillon particulier construit par la Staats-Bahn, contenant la collection des minerais et de tous les objets fabriqués dans les usines de la compagnie, mais seulement de celles qui font partie de la Hongrie proprement dite, car on avait laissé au dehors et élevé sur une double colonne prismatique, à la porte du pavillon, le spécimen du charbon des mines exploitées en Bohême par la compagnie. Telle qu’elle avait été disposée, l’exposition des produits de ces domaines vendus par l’état à la Société autrichienne offrait un si clair aperçu des richesses du pays lui-même, et pouvait donner sur l’avenir de cette société des indications si utiles, que l’on avait pensé un moment à transporter à Paris et à exposer en un lieu public, au Jardin d’acclimatation par exemple, le pavillon même du Prater. On ne lira donc pas sans intérêt quelques détails sur les richesses de ces domaines et les industries qu’ils renferment.

Ces domaines sont situés à l’extrémité sud-est du banat de Temeswar, qui confine lui-même au sud de la Transylvanie, à laquelle il se rattache étroitement par la population, le climat et la végétation. Le Banat, comme la Transylvanie, est riche en mines de toute sorte, cuivre, fer, plomb, zinc, etc., et couvert dans la partie montagneuse de forêts séculaires; la terre est fertile, propre à la culture de la vigne, à l’élevage du bétail. On y parle le hongrois, l’allemand et le valaque. Chacune des trois races qui se partagent le sol a gardé son costume national, ses mœurs et ses aptitudes professionnelles, chacune vit agglomérée à part. Les colonies dites de Marie-Thérèse,