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Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 2.djvu/183

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LES RÉVOLUTIONS
DE L’ASIE CENTRALE

I.
L’INDE ANGLAISE.

L’Asie est le plus vaste continent de notre planète; il en est aussi le plus curieux par son aspect physique, par son histoire, par les peuples qui l’habitent. Découpée sur ses bords par des golfes profonds et par de longues presqu’îles, traversée par de larges fleuves, l’Asie est moins compacte et plus accessible que l’Afrique ou l’Australie. Elle a plus de variété que les deux Amériques, dont toute la géographie se réduit à connaître une chaîne de montagnes et les bassins de quelques grandes rivières. L’Asie possède tous les climats depuis les chaleurs de la zone torride jusqu’aux glaces persistantes du cercle polaire; elle renferme les montagnes les plus hautes du globe, des déserts stériles et des plaines d’une fertilité prodigieuse. Enfin elle nourrit les trois quarts de la population du monde; elle fut dans la nuit des temps, elle est encore aujourd’hui le théâtre d’une lutte incessante entre les deux principales races de l’espèce humaine.

Cependant le centre de l’Asie est resté longtemps peu connu. Nos pères n’en savaient que ce qu’en avaient rapporté d’anciens voyageurs dont les récits méritaient peut-être peu de confiance. Les progrès des Russes et des Anglais, qui s’avancent à la rencontre les uns des autres, ont suscité de nouvelles et fructueuses études depuis le commencement du siècle. Les explorateurs isolés, simples savans ou diplomates chargés de missions politiques près des sou-